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Pénurie de coiffeurs : les difficultés de recrutement persistent

RECRUTEMENT EN SALON DE COIFFURE

Comme dans d’autres secteurs, la pénurie de coiffeurs atteint un niveau jamais atteint en France. Conséquence : des salons de coiffure suspendent leur activité, quand ils ne baissent pas leur rideau. Faute de personnel, et non de clients.

Couvreurs, aides à domicile, carrossiers, plombiers, conducteurs de cars… Les difficultés de recrutement persistent un peu partout, alors que l’objectif du plein emploi d’ici à 2027, soit un taux de chômage autour de 5%, contre 7,1% actuellement, est «plus proche que jamais», comme l’assurait fin mai Olivier Dussopt, le ministre du Travail sur BFMTV.

Un phénomène que le secteur de la coiffure connaît bien depuis plusieurs années. En septembre 2018, Bernard Stalter, l’ex-président de l’Union nationale des entreprises de coiffure, en avait fait le thème principal de sa conférence de presse de rentrée. Mais aujourd’hui, les employeurs doivent toujours faire face à une pénurie de coiffeurs, sans entrevoir le plus petit début de commencement d’amélioration.

Pour y faire face, certains salons, comme celui de Jean-Paul Bouaziz, à Strasbourg, ont décidé de revoir leur organisation de travail, en fermant le samedi. D’autres ont suivi la tendance, comme Sylvain André, propriétaire de quatre salons dans le Loir-et-Cher. «Les consommateurs ont aussi changé de comportement et le samedi, ils ont autre chose à faire et préfèrent profiter de leurs proches, de leur temps libre», estimait alors l’entrepreneur.

Pénurie de coiffeurs : un casse-tête pour les salons

Pour attirer de nouvelles recrues, le groupe Provalliance (Franck Provost, Jean-Louis David, Saint-Algue, Fabio Salsa…) a décidé d’offrir une prime de 1 000 euros à chaque nouveau salarié embauché, un «welcome bonus» versé au bout de six mois de présence, soit en salaire, soit en bons cadeaux, avec, en ligne de mire, la semaine de quatre jours.

Las ! Les fermetures s’enchainent désormais un peu partout en France, par manque de main d’oeuvre, si l’on en croit la presse régionale, qui, chaque semaine, rapporte des cas désespérés, alors que la clientèle, elle, ne fait pas défaut. «C’est la première fois que ça m’arrive», reconnaît Nathalie Fausel, responsable du salon Coiff & Co, à Nevers (Nièvre).   

Dans Le Journal du Centre, elle explique qu’elle devra cesser son activité pendant deux mois, «du 29 juin et pour tout l’été», si elle ne trouve pas «très rapidement des coiffeuses». Plus à l’est, à Mirecourt, dans les Vosges, le salon de coiffure Kayralis a décidé, lui, de baisser définitivement le rideau. Céline Kayser, sa gérante, y travaillait depuis 1996, rapporte Vosges-Matin

Une décision douloureuse qui ne semble plus exceptionnelle, comme l’anticipait l’an dernier Sébastien Kugler, président de l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) des Deux-Sèvres. «Ces fermetures risquent malheureusement de se banaliser»​, déplorait-il alors dans un entretien à Ouest-France. Selon lui, les périodes de confinement ont généré de nouveaux projets de reconversion professionnelle, «mais aussi des envies de liberté».

« Du jamais-vu en vingt-cinq ans d’exercice »

C’est sans doute le cas à Loches, en Indre-et-Loire, où «le deuxième fauteuil du salon de coiffure-barbier Barbe’ich reste désespérément vide», faute de personnel pour s’en occuper apprend-t-on dans La Nouvelle République. «C’est du jamais-vu en vingt-cinq ans d’exercice dans la profession », observe, de son côté, Laëtitia Berruet, coiffeuse à Genillé.

Gérante de plusieurs salons, elle doit faire face à une situation très tendue. «On se remet en question et on se plie aux demandes. Elles ne sont pas forcément d’ordre salarial mais plutôt sur les jours et horaires de travail. Aujourd’hui, c’est difficile de trouver quelqu’un qui accepte de travailler le samedi et le soir jusqu’à 19 h», explique-t-elle.

La pénurie de coiffeurs serait-elle transitoire ? C’est, en tout cas, l’opinion de David Brault, président régional de l’Unec en Centre-Val de Loire. «En 2022, la coiffure était le premier métier à avoir recruté des apprentis dans la région Centre, il y a donc de sérieux espoirs d’être optimistes pour les prochaines années mais pas avant trois-quatre ans», veut croire le PDG, fondateur des groupes Ikxis et Lox. Autre bonne nouvelle : les centres de formation font actuellement le plein, ajoute-t-il. En attendant, la coiffure à domicile attire les candidats.

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