Il y a encore quelques années, un consommateur quittait la pharmacie avec une boîte de compléments alimentaires ou un somnifère. Demain, il pourrait repartir avec un suivi personnalisé, une application, un objet connecté, des conseils, voire un séjour dédié au sommeil.
Le sommeil devient un service
Selon les données reprises dans l’étude, réalisée avec Gers Data, 30 % de la population souffre d’insomnie, 22 % des adultes dorment six heures ou moins par nuit et un Français sur deux ressent du stress lié à son sommeil. Face à cette situation, le marché des insomniaques s’est progressivement élargi au-delà du seul champ médical.
Pour séduire les consommateurs, les acteurs du secteur ont imaginé de nouveaux leviers de développement, comme la personnalisation des parcours, le développement des prises en charge non médicamenteuses, la production de contenus pédagogiques ou encore… l’éducation des consommateurs, une façon d’instaurer la confiance et d’accompagner le passage à l’action.
Car le réveil ne sonne plus seulement sur une table de nuit : il collecte aussi des données ! En France, 43 % des consommateurs déclarent avoir déjà utilisé un objet connecté pour suivre leur sommeil. Avec, bien sûr, l’intelligence artificielle, qui permet de construire des protocoles personnalisés ou, mieux, de détecter certains troubles.
Dormir ne suffit plus…
Bref, ceux qui pensaient naïvement que le sommeil servait uniquement à dormir devront revoir leur copie. Les entreprises le relient aussi à la récupération, à la gestion du stress, à la santé ou aux performances du quotidien.
Les consommateurs sont même encouragés à devenir des «acteurs» de leur propre sommeil. Et les entreprises y mettent les moyens marketing, car les les promesses sont fortes : «s’endormir plus vite, «récupérer davantage», «réduire le stress, l’anxiété», «optimiser sa santé», «optimiser ses performances»…
Résultat ? La «sleeping experience» prend désormais des formes très variées. L’étude cite le tourisme du sommeil, les expériences immersives et les espaces de micro-sieste en entreprise… Pour autant, ces nouvelles tendances ne jettent pas au rebut les compléments alimentaires, qui demeurent toujours le principal moteur du marché.
Hors médicaments soumis à prescription obligatoire, le marché français du sommeil en officine atteint 242 millions d’euros en 2026, en progression de 12,9 % sur deux ans, indiquent Les Echos Études. Les compléments alimentaires représentent, à eux seuls, 81 % des ventes en valeur et affichent une croissance de 15,4 %, nettement supérieure à celle des médicaments de prescription médicale facultative (+3,5 %). Voilà un marché qui ne s’endort jamais. Et il s’en porte plutôt bien !
Le marché du sommeil : stratégies gagnantes et perspectives, Les Echos Études, juin 2026.
LIRE AUSSI : Le marché du sommeil, nouveau terrain de jeu des start-up françaises





