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Moins de défaillances dans la coiffure, mais la beauté reste sous tension

Défaillances en esthétique et coiffure

Les défaillances d’entreprises ont légèrement reculé dans la coiffure au deuxième trimestre, mais le secteur de la beauté reste sous pression. Dans les soins esthétiques, les procédures repartent à la hausse, tandis que les ventes en beauté-parfumerie ont chuté de près de 5% entre janvier et juin. 

Vers une accalmie ? Au deuxième trimestre 2025, la sinistralité se stabilise dans les services à destination du consommateur, avec 701 procédures collectives enregistrées, souligne le cabinet Altares, spécialisé dans les données d’entreprises. Dans cet ensemble, il est vrai, la situation se détend légèrement pour les activités de beauté, qui affichent un repli global de 1%. 

Mais cette apparente amélioration masque des évolutions contrastées. Les défaillances dans la coiffure reculent de 6,7% (278 procédures de sauvegarde, redressement ou liquidation), contre 298 à la même période en 2024. À l’inverse, les soins de beauté repartent à la hausse avec 181 procédures (+7,7%), tandis que l’entretien corporel, une catégorie dans laquelle les entreprises sont peu nombreuses, connaît une progression plus modérée (37 procédures, +5,7%).

Un tissu composé de très petites entreprises

La baisse des défaillances dans les salons de coiffure pourrait témoigner d’une certaine résilience : prestations courtes, fidélité locale, montée en puissance des services pour hommes… Mais le volume reste toujours élevé et la profession manifeste un malaise profond, comme l’a illustré la mobilisation des coiffeurs, le 30 juin, pour dénoncer la guerre des prix et le poids des charges qui pèsent sur le secteur. 

Comme la coiffure, le segment esthétique repose sur un tissu majoritairement composé de très petites entreprises. Faible capacité d’absorption des coûts, marges réduites, charges fixes importantes, dépendance au trafic… : les leviers d’action sont limités. Dans un contexte d’incertitude économique persistante, ces structures sont donc particulièrement exposées.

Fait nouveau : en juin, les enseignes de beauté-parfumerie ont enregistré un recul de 5,5% de leur activité, contre -3,2% en moyenne pour l’ensemble du commerce spécialisé, d’après le récent baromètre publié par Procos. Sur tout le semestre, la baisse atteint 4,7%, un retrait jugé par la fédération «très inhabituel au regard des dynamiques observées ces dernières années».

La confiance des ménages reste fragile

«La conjoncture fragile et les perspectives incertaines minent la confiance des ménages et nous invitent encore à la prudence», résume Thierry Millon, directeur des études chez Altares, cité dans un communiqué. Tous secteurs confondus, 16 586 défaillances d’entreprises ont été enregistrées entre avril et juin, soit une légère hausse de 1,3% sur un an. Ce repli marque un second trimestre consécutif de recul. 

«Sans surprise, dans une économie poussive, le plateau durable que nous envisagions en début d’année s’est installé sur ce premier semestre au-delà de 68 000 défauts. Un niveau au plus haut donc, mais stable. La dégradation est notamment stoppée pour les plus petites entreprises qui constituent l’essentiel des défauts», poursuit Thierry Millon. 

En clair, les entreprises de la coiffure et des soins esthétiques restent à la merci du moindre coup de frein conjoncturel, tant leur équilibre financier dépend de la consommation courante.

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