Il faut se méfier des entreprises qui ne savent pas encore ce qu’elles vendent. Tout a commencé loin des salons de beauté, dans une petite entreprise de fournitures dentaires baptisée Odontorium Products Inc., un nom qui, avouons-le, n’annonçait pas franchement un futur empire de la coquetterie.
En 1981, George Schaeffer, jeune émigré hongrois reconverti dans le textile puis dans le dentaire, rachète cette structure installée près de Los Angeles. Rien, absolument rien, ne le prédestine à révolutionner l’ongle. Mais un détail technique va tout changer : les résines acryliques utilisées pour les prothèses dentaires présentent d’étonnantes similitudes avec celles employées pour les ongles artificiels.
Schaeffer flaire l’opportunité. Avec un chimiste, il met au point un système acrylique inédit, pensé pour sculpter des ongles à la fois naturels, durables et flexibles. Le produit séduit immédiatement les esthéticiennes de Los Angeles, ravies de troquer leurs bricolages hasardeux contre quelque chose qui tient réellement la distance. La marque garde le sigle de son ancien nom – OPI – et s’installe durablement dans les instituts, sans jamais renier ses origines dentaires.
« Première dame des ongles »
Le vrai tournant survient huit ans plus tard. En 1989, épaulée par Suzi Weiss-Fischmann, qui deviendra la directrice artistique et l’autoproclamée «Première dame des ongles», la marque lance sa toute première gamme de vernis colorés. Le succès est fulgurant : formule longue tenue, séchage rapide et fini ultra-laqué.
En 1987 déjà, OPI était devenue la première marque de soins des ongles autorisée à apposer le sigle « ™ » sur son flacon. Un petit exposant qui, dans le monde impitoyable de la manucure, vaut à peu près une légion d’honneur.
L’autre signature de la maison, ce sont ses noms de teintes, cette spécialité très américaine consistant à transformer un pot de laque en une private joke internationale. Clins d’œil malicieux, jeux de mots et références pop assumées jusqu’à l’absurde… La directrice artistique en fera un art à part entière, au point d’intituler son autobiographie du nom d’un de ses vernis les plus célèbres : I’m Not Really a Waitress, ou « Je ne suis pas vraiment une serveuse » en français.
Cette liberté de ton, mêlée à un vrai savoir-faire technique, propulse OPI au rang de référence mondiale. La marque multiplie les collections thématiques inspirées de destinations lointaines et élargit son offre avec l’Infinite Shine, effet gel sans lampe UV, puis le GelColor, plébiscité par les professionnels de l’onglerie pour sa tenue prolongée.
En 2010, OPI intègre le groupe Coty. La marque continue son ascension sans elle et revendique aujourd’hui une présence dans plus de cent pays, aux côtés de dizaines de milliers d’instituts et d’ongleries partenaires.

Sous le signe de la nostalgie
Pour marquer cet anniversaire, OPI ne se contente pas de sortir un gâteau et de souffler des bougies. La marque rouvre ses archives, façon grenier qu’on redécouvre avec un mélange d’attendrissement et de calcul marketing bien senti. Disponible dès août 2026, la collection en édition limitée OPI’s Most Requested réactive certaines des teintes les plus réclamées de son histoire, aux côtés de réinterprétations inédites de ses classiques. Traduction : OPI a fouillé ses tiroirs, et cette fois, on l’en remercie.
Parmi les nuances ressorties des cartons, les violets profonds côtoient les rouges sophistiqués : Every Month is Oktoberfest, Lincoln Park at Midnight ou encore Louvre Me Louvre Me Not pour les premiers, un jeu de mots qui a dû faire sourire un stagiaire francophile chez OPI, Vampire State Building, Vodka & Caviar et Mrs. O’Leary’s BBQ pour les seconds.
Face à tant d’intensité, des neutres affirmés comme Mod About You Pastel et Route Beer Floatviennent calmer le jeu, tandis qu’un rose vif et des tons canneberge, It’s All Greek to Me, Koala Bear-y, Deer Valley Spice, y injectent une note plus ludique. Un marron bronze, Espresso Your Style, et un gris-vert profond, Nein! Nein! Nein! Okay Fine! (dont le nom résume assez bien l’état d’esprit général d’un lundi matin), complètent cette sélection, un inventaire à la Prévert des goûts de la clientèle OPI.
Douze nouvelles teintes
Côté volume, la collection ne fait pas dans la demi-mesure : douze nouvelles teintes déclinées en GelColor et en Nail Lacquer, douze autres en Infinite Shine, et huit nouveaux looks de faux ongles xPRESS/ON directement inspirés de cet héritage vintage. De quoi permettre à chaque professionnel de composer sa propre déclinaison, du soin semi-permanent en cabine jusqu’à la pose express en institut ou à domicile.
Quarante-cinq ans après ses débuts dans un atelier de prothèses dentaires, OPI prouve qu’une bonne teinte ne meurt jamais tout à fait. Elle patiente sagement en coulisses, certaine qu’on aura, tôt ou tard, de nouveau envie de la porter. À ce rythme-là, on peut déjà parier sur les retrouvailles pour le cinquantenaire.
OPI, se 15,90 euros à 19,90 euros, dans les enseignes partenaires habituelles (Sephora, Printemps, Nocibé, Monoprix, Beauty Success, Beauty Coiffure, Pro Duo, Pascal Coste, WellaStore, MyOrigines, Bleu Libellule) , ainsi que dans le réseau des instituts partenaires de la marque.
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