Le secteur de la beauté (esthétique, coiffure et parfumerie) avait su maintenir sa place dans l’économie de proximité en 2024, malgré un ralentissement de sa croissance. Selon l’enquête annuelle menée par l’Observatoire de la petite entreprise de la Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) et de Banque Populaire, son chiffre d’affaires n’a progressé que de 0,8% l’an dernier, après une hausse de 2,3% en 2023.
La tendance restait positive à la fin de l’année. La «beauté-esthétique», expression employée par la FCGA, faisait alors partie des rares activités en croissance, alors que l’activité reculait dans la plupart des secteurs, à l’exception des services et de la santé.
«Dans cette conjoncture morose, l’économie de proximité évite le naufrage grâce – principalement – au secteur des services (+2,4%), à la beauté-esthétique (+2,2%) et aux métiers de la santé (+2,2%)», relève l’enquête, qui ne s’appuie que sur les petites structures indépendantes, hors franchises.
Un climat économique dégradé en 2025
Mais cette dynamique s’est brutalement inversée au début de l’année 2025. D’après les dernières données de la FCGA, l’activité du secteur chute de 4,72% en mars 2025 par rapport à mars 2024. Sur l’ensemble du premier trimestre, le recul atteint 1,33%. En glissement annuel à fin mars, la croissance se limite toutefois à 0,32%, signe d’un net essoufflement.
Ce retournement intervient dans un climat économique dégradé. En 2024, la croissance du PIB a plafonné à 1,1%, et la consommation des ménages à 0,9%, malgré un recul de l’inflation. Les perspectives pour 2025 sont encore moins optimistes. «L’Observatoire français des conjonctures économiques a abaissé son estimation à 0,5% de croissance du PIB, contre 0,8% précédemment», rappelle l’enquête.
Dans le même temps, d’autres segments de la filière beauté affichent des trajectoires divergentes. En 2024, la parfumerie a enregistré une hausse de chiffre d’affaires de 4,4%, loin devant la coiffure et l’esthétique, dont la croissance stagnait à 0,8%.
Une demande aujourd’hui plus incertaine
Ce décalage entre les produits et les prestations se confirme dans les comportements de consommation. Selon le Baromètre digital & payments du groupe BPCE (Banque populaire), les paiements par carte dans les cosmétiques ont bondi de 9% l’an dernier.
«Cette dynamique est alimentée par une volonté de prendre soin de soi et de projeter une image positive, notamment à travers des dépenses croissantes dans les secteurs des loisirs et du bien-être», souligne cette étude. La fréquentation des instituts, en revanche, semble plus sensible aux arbitrages budgétaires.
Contrairement aux achats de produits, les soins en cabine supposent une présence physique et peuvent être jugés moins prioritaires en période de tension sur le pouvoir d’achat. La comparaison entre les segments l’illustre.
En effet, si la parfumerie a bénéficié de la période des fêtes, l’esthétique, bien qu’en progression au quatrième trimestre, s’inscrit dans une tendance plus fragile. Les acteurs du secteur devront composer avec une demande plus incertaine et des cycles de consommation de plus en plus hétérogènes.
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