Depuis le 1er mai et jusqu’à la fin de l’année, l’aide unique de 6 000 euros versée aux entreprises est réservée au recrutement d’apprentis en formation initiale, excluant désormais les contrats d’alternance. Plusieurs organisations professionnelles, notamment la Cnaib-Spa et l’Unec, ont manifesté leurs inquiétudes dès le mois d’avril. L’U2P, de son côté, a trouvé la mesure «incompréhensible», invitant l’exécutif à en limiter le bénéfice aux entreprises de moins de 50 salariés.
Un mois après la publication du décret, ce sont les présidents des fédérations patronales de la banque, de l’assurance et du conseil qui sont montés au créneau. Dans ces trois secteurs, le nombre d’apprentis a «été multiplié par trois» depuis 2018, rappellent Maya Atig (Fédération bancaire française), Laurent Giovachini (Fédération Syntec) et Florence Lustman (France Assureurs) dans une tribune publiée par Les Échos.
L’apprentissage dans les quartiers prioritaires
«Freiner cette dynamique en recentrant exclusivement le soutien public à l’apprentissage sur les bas niveaux de qualification et les petites entreprises – comme c’était le cas avant la réforme de 2018 – reviendrait à mettre un coup d’arrêt à l’ascenseur social pour les jeunes, mais aussi à l’accélérateur que constitue cette voie de formation pour l’ensemble de l’économie française», mettent en garde les signataires.
Et de souligner le poids de l’alternance pour les jeunes en difficulté : «21% des apprentis actuellement sous contrat dans les secteurs que nous représentons sont ainsi issus des quartiers prioritaires de la ville, soit 20 000 jeunes alors que l’objectif a été fixé à 80 000 à l’horizon 2027 par le gouvernement pour l’ensemble de l’économie française».
«Un euro d’argent public dépensé dans l’apprentissage rapporte en retour 1,09 euro aux finances publiques. Il est donc de la responsabilité de l’État de continuer à faire ce pari gagnant sur l’avenir», estiment les auteurs de cette tribune. En 2023, la Cour des comptes, dans une note sur l’apprentissage en France, avait épinglé des dispositifs mal ciblés, des coûts élevés et une approche qualité insuffisante.
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