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Contrat de professionnalisation : la Cnaib et l’Unec déplorent la suppression de la prime

Allocation alternance

Le ministère du Travail a rédigé un décret qui prévoit de supprimer la prime de 6 000 euros maximum pour toute embauche en contrat de professionnalisation à partir du 1er mai. La Cnaib-Spa, pour l'esthétique, et l’Unec, pour la coiffure, manifestent leur incompréhension.

L’optimisme qu’affichait Bruno Le Maire, en décembre, est désormais bien loin. L’heure est à la révision de toutes les projections : les recettes 2023 plus faibles qu’attendues, la croissance 2024 abaissée à 1%, contre 1,4% précédemment, le déficit public revue à la hausse, à 5,1% du PIB, au lieu de 4,4%…

La France doit trouver 10 milliards d’euros supplémentaires cette année, selon le plan d’économies du gouvernement. Parmi les coupes budgétaires, 1,1 milliard de crédits devrait être annulé pour la mission «travail et emploi», prévoit Bercy. Un coup de rabot qui, visiblement, n’épargne pas l’alternance.

Le ministère du Travail a envoyé aux partenaires sociaux un projet de décret qui vise à supprimer, à compter du 1er mai, l’aide à l’embauche pour les personnes en contrat de professionnalisation, selon un document consulté lundi par plusieurs médias, dont les agences AEF et AFP. L’aide unique de 6 000 euros sera donc réservée au recrutement des seuls apprentis en formation initiale.

Tout un symbole ! Pour soutenir l’emploi des jeunes durant la crise sanitaire, en juillet 2020, le gouvernement avait mis en place une prime pour les embauches d’apprentis ou de salariés en contrat de professionnalisation de moins de 30 ans. Ces aides, renouvelées à plusieurs reprises, sont redescendues à 6 000 euros pour les mineurs et majeurs depuis le 1er janvier 2023.

Elles sont allouées mensuellement au prorata temporis pour la première année seulement, avec des montants dépendant de la durée du contrat : 3 000 euros pour un CDD de 6 mois, 4 500 euros pour 9 mois et 6 000 euros pour les contrats de plus de 12 mois ou les CDI, etc.

« Les CQP de la filière se verront pénalisés »

«S’en prendre aux formations en alternance n’est pas une bonne idée», a estimé la confédération des PME (CPME), premier syndicat patronal à réagir. «Si la nécessité de réduire les dépenses publiques ne fait pas débat, il convient de bien cibler celles dont l’utilité n’est pas prouvée», poursuit l’organisation dans un communiqué, en appelant «le gouvernement à bien mesurer l’enjeu de la suppression» de cette aide.

Même déception chez les esthéticiennes. «Les contrats de professionnalisation sont victimes des errances budgétaires de l’Etat. Les CQP de la branche, en particulier, se verront pénalisés, car ils en bénéficient, alors que les instituts de beauté sont très demandeurs d’une montée en compétences», a déploré Martine Berenguel, présidente de la Confédération nationale et artisanale des instituts de beauté-spa, auprès de Profession bien-être. 

«Une fois de plus, c’est bien les TPE et les adultes en reconversion qui vont faire les frais d’une nouvelle mesure injuste», a-t-elle ajouté, craignant que cette annonce soit «très dommageable» pour les responsables d’instituts de beauté, qui «se projettent dans leur projet de développement».

« Un petit coup de canif dans l’alternance »

«Mauvais choix, mauvais timing… Le gouvernement avait mis une belle dynamique autour de l’apprentissage et de l’alternance. Maintenant, il vient d’y mettre un petit coup de canif», a renchéri Christophe Doré, le président de l’Union des entreprises de coiffure (Unec), interrogé par Profession bien-être. 

«Il vaut mieux avoir des jeunes sous contrat de professionnalisation et qui, derrière, auront un emploi, que d’avoir des personnes qui risquent d’être perdus, parce qu’elles ne savent pas quel métier faire ou qu’elles ne trouvent pas d’entreprise pour les faire travailler», a jugé le président de l’Unec, soulignant que l’aide ne permet de compenser qu’une «toute petite partie du temps consacré à la pédagogie et à l’accompagnement». En 2022, près de 600 jeunes étaient en contrat de professionnalisation dans la coiffure.

Ce tour de vis sur un sujet aussi sensible que l’alternance en cacherait-il un prochain ? «Au moment où je vous parle, nous avons reçu l’assurance que le gouvernement ne touchera pas aux contrats d’apprentissage jusqu’en 2025», a indiqué Christophe Doré. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que l’effort financier devrait être au moins deux fois plus important l’an prochain (20 milliards d’euros d’économies supplémentaires), si le gouvernement veut revenir dans les clous budgétaires, admettait le ministre des Comptes publics, Thomas Cazenave, début mars, devant la Commission des finances de l’Assemblée.

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