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Titulaire d’un CAP de coiffure, elle multipliait les injections d’acide hyaluronique et de botox

Recrudescence des injections illégales

Les charlatans écument désormais la médecine esthétique, comme en témoigne cette nouvelle affaire, où une secrétaire médicale, n’ayant pour seul diplôme qu’un CAP coiffure, s’est lancée dans de très lucratives injections de comblement.

En l’espace de quelques mois, les actes illégaux, c’est-à-dire réalisés par des personnes non diplômées en médecine, se sont multiplié. Après les chirurgiens plasticiens et l’Académie nationale de médecine, puis l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les mises en garde se sont succédées, mois après mois. 

Mais la demande, alimentée par les réseaux sociaux, semble toujours donner des idées aux charlatans, dont les injections s’accompagnent souvent de complications graves. Dans Le Parisien, on apprend ainsi qu’une mère de famille de 36 ans, sans antécédent judiciaire, inspirait ainsi une confiance aveugle aux femmes qui lui confiaient leur visage depuis 2019.

Les codes médicaux ne lui faisaient pas peur. Habitante de Seine-Saint-Denis, elle travaillait en tant que secrétaire médicale dans plusieurs cliniques, notamment dans les XVIe et XVIIe arrondissements parisiens. Une double vie qui lui aurait rapporté la bagatelle de 186 000 euros. Mais cette activité parallèle exigeait aussi un peu d’organisation. Et la jeune femme, sur ce point, ne manquait pas non plus d’idées.

Des ordonnances falsifiées

Selon Le Parisien, elle a d’abord reçu ses clientes «dans des centres esthétiques les jours de fermeture», avant d’opter pour la location d’un appartement sur la très chic avenue Victor-Hugo, dans le XVIe… Mais ce qui frappe surtout, c’est la déconcertante facilité avec laquelle elle obtenait ses produits de comblement.

«L’originalité de cette affaire, c’est la capacité de l’injectrice à se procurer de la toxine botulique, souligne une source proche de l’enquête. Il faut une ordonnance pour cela. Ce n’est pas comme l’acide hyaluronique», racontent nos confrères. Qu’à cela ne tienne : elle récupérait les formulaires sur ses lieux de travail et les remplissait elle-même. Les pharmaciens n’y trouvaient rien à redire.

Jusqu’au jour où ses victimes ont montré leurs œdèmes et leurs hématomes à de vrais médecins… La jeune femme sera jugée pour «exercice illégal de la médecine, détention, transport, acquisition et emploi illicite de médicaments par ordonnance falsifiée au préjudice de quatre médecins». Son procès devrait avoir lieu en février.

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