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Les coûts cachés des nouvelles technologies esthétiques

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Minceur, anti-âge, dépilation… De nouvelles technologies promettent de transformer les pratiques en institut. Mais derrière les argumentaires bien rodés des vendeurs se dissimulent parfois des coûts inattendus.

La technologie esthétique coûte cher, c’est entendu. Mais si elle permet de facturer des prestations plus élevées, elle entraîne aussi des coûts moins apparents. Ce sont ces fameux coûts cachés que nous avons voulu débusquer pour vous, et quelques autres pièges que nous aimerions vous éviter…

#1 – Le coût des consommables

Lors de l’achat  d’une machine IPL ou d’un laser diode, vous avez tendance à vous focaliser sur le prix d’achat de la machine. Mais ce n’est que la face émergée de l’iceberg ! Pour peu que vous ayez du succès avec ces nouvelles prestations, la note risque de s’allonger.

En effet, chaque machine n’est livrée qu’avec un certain nombre de flashs. Un institut de beauté qui tourne bien peut ainsi se retrouver avec 6 000 euros de plus à débourser tous les six mois, ce qui est loin d’être anodin !

Autre piège : une machine à lumière pulsée vendue à un prix vraiment intéressant, beaucoup moins cher que toutes celles des concurrents, attire votre attention… Le loup ? Elle est vendue sans pièce à main. Autant dire qu’elle ne sert à rien. Les flashs étant contenus dans la pièce à main, il faudra payer cette dernière en plus. Et le prix est loin d’être négligeable : cela peut aller de 7 000 à 12 000 euros.

De façon générale, demandez à votre vendeur de vous garantir – par écrit – le nombre de flashs contenus dans la pièce à main. Vous pouvez aussi poser la question sur les machines utilisant des cosmétiques spécifiques. Restez vigilante, car vous allez trouver de tout !

Ces cosmétiques peuvent faire monter très vite le prix de revient du soin, de 12 à 39 euros par soin. Moralité : calculez-le très soigneusement avant l’achat de l’appareil, car la technologie n’est pas seule en cause.  

#2 – Le coût de la formation

Là encore, demandez des précisions. La formation est-elle payante ou offerte ? Combien de personnes pourront se faire former ? Que se passe-t-il lorsque vous engagez une nouvelle esthéticienne et qu’elle doit être formée? Les formations se passent-elles sur site ? Aurez-vous droit à des piqures de rappel ou à une révision annuelle ? Autant de questions auxquelles vous devez obtenir des réponses écrites.

#3 – Le coût du service après vente

Selon les différents professionnels que nous avons pu interroger, 90% des pannes courantes peuvent être réparées par téléphone. Mais que se passe-t-il lorsqu’il faut renvoyer l’appareil en usine ? Si vous êtes privée d’équipement, comment allez vous assurer les prestations que vous avez vendues en cure ?

Votre vendeur va-t-il vous fournir une machine de courtoisie en prêt en attendant que la votre soit réparée ? Car vos clientes, elles, n’auront pas la patience d’attendre qu’elle reviennent de l’atelier. Encore une fois, demandez à votre vendeur une garantie écrite sur ce sujet.

#4 – L’origine de l’appareil

Tout dépend, bien sûr, de l’origine de la machine. Ne nous faisons pas d’illusions : en matière de technologie, il n’y a pas pratiquement de made in France… Ce n’est d’ailleurs pas la demande des clients. Mais soyons clairs : il est tout de même plus facile et plus rapide d’obtenir des pièces détachées en cas de besoin auprès d’un fabricant européen.

Pour autant, ne jetons pas l’ostracisme sur les appareils fabriqués en Asie, de plus en plus sophistiqués. Là encore, il vaut mieux s’adresser à un distributeur qui dispose d’un atelier de réparation sur place.

#5 – CE Médical ou non ?

Depuis deux ans, les instituts ont été sensibilisés à la présence d’un CE médical : appareils plus fiables, plus sécurisés, plus performants, et qui resteront revendables quand la certification sera obligatoire.

À tel point que l’on retrouve aujourd’hui sur le marché des appareils affichant un faux CE médical, soit par incompétence – le distributeur peu habitué au matériel médical a validé le premier document envoyé par l’usine -, soit par avidité (un appareil CE médical va lui couter plus cher, il aura donc moins de marge), soit par paresse, car les procédures pour importer du matériel possédant le CE médical sont beaucoup plus contraignantes.

La Cnaib, qui s’en est émue, a publié une page informative comprenant deux listes : une verte, qui recense la marque des dispositifs contrôlés par ses soins, une zone grise, qui relève les dispositifs qui n’ont pas fourni de dossier complet et enfin, une zone rouge quand les documents fournis se révèlent faux.

Pourquoi se préoccuper de ce CE médical aujourd’hui, alors qu’il n’est pas encore obligatoire ? Tout simplement, parce qu’en cas de problème, votre vendeur indélicat, lui, vous laissera seule face aux difficultés. Autre raison : l’appareil que vous aurez acheté cher, vous ne pourrez plus vous en servir, ni même le revendre. 

LIRE AUSSI : Martine Berenguel (Cnaib) : « Tous les fournisseurs n’ont pas la même  transparence » 

#6 – Le coût de l’assurance

Pas question, en utilisant les nouvelles technologies, de travailler sans filet. Heureusement, il existe maintenant des compagnies d’assurances qui prennent en charge les esthéticiennes et leur équipement technologique. Si votre vendeur est digne de confiance, il vous indiquera un assureur qui vous prendra en charge. Encore une question à ne pas passer à la trappe !

LIRE AUSSI : Assurance instituts : des risques souvent oubliés par les esthéticiennes

#7 – Renseignez-vous sur votre vendeur

Maintenant que vous avez vérifié tous les points importants, il reste à vous renseigner sur votre vendeur. Et c’est un point capital. Car aujourd’hui, tout le monde peut s’improviser distributeur d’appareils esthétiques. Les marges sont plus qu’attirantes : il suffit d’acheter des machines en Asie ou ailleurs, et de les vendre.

Mais il faut plus qu’une simple expérience de commercial pour tenir dans le secteur. Si vous avez affaire à une petite structure, qui peut disparaitre aussi rapidement qu’elle s’est créée, assurez-vous que, dans l’équipe, il y a au moins un technicien qui pourra assurer l’entretien ou la réparation de votre appareil en cas de problème.

Il est parfois plus rassurant de vous adresser à une entreprise plus importante, partant du principe qu’il est plus difficile de disparaitre quand on est à la tête d’une cinquantaine d’employés, que si l’on dirige une entreprise unipersonnelle. Il ne s’agit pas ici de dénigrer les entreprises qui se lancent – il en est de parfaitement honorables -, mais tout est une question de confiance. Et au regard de l’investissement que vous allez faire – et qui peut mettre votre institut en danger s’il ne vous permet pas de réaliser le chiffre d’affaires attendu -, vous ne serez jamais assez prudente.

Merci à tous les professionnels que nous avons interrogés sur ce sujet délicat : José Flotats (Corpoderm), Thomas Gruot (Keros Technology), Martine Berenguel (Cnaib) et Didier Sendres (Esthetic-Assur).

LIRE AUSSI : Laser ou lumière pulsée : le dilemme des esthéticiennes

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