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Laser ou lumière pulsée : le dilemme des esthéticiennes

lASER OU IPL

Après avoir obtenu le droit d'utiliser la lumière pulsée, les esthéticiennes vont-elles pouvoir utiliser des lasers ? En attendant un décret qui devrait l'autoriser, elles se voient déjà proposer de nombreuses machines à des prix élevés. Voici cinq questions à se poser avant de se lancer.

Jusqu’à ces dernières années, la situation était claire. Après un long bras de fer juridique, les esthéticiennes avaient obtenu le droit d’utiliser la lumière pulsée dans les instituts de beauté. La jurisprudence était même allée au-delà*, en mettant dans le même panier lumière pulsée et laser. Ce dernier n’est donc plus interdit. Mais pas non plus expressément autorisé…

Depuis, les rumeurs vont bon train. Syndicats patronaux et équipementiers en tête annoncent la sortie «imminente» – mais constamment retardée – d’un décret autorisant les esthéticiennes à utiliser un laser, selon des modalités qui restent à définir. Mais les équipementiers, un instant pris de vitesse par un pionnier, Keros Technology, qui a proposé dès 2022 une solution originale et, selon lui, bordée juridiquement, car associée à de la téléconsultation médicale, commercialisent des appareils laser depuis l’an dernier.

Au Salon Beauty Profs, qui se déroule à Paris, les 3 et 4 mars, tout comme au Congrès esthétique, un mois plus tard (13 au 15 avril), les esthéticiennes se verront donc proposer plusieurs machines laser. L’effet de mode est indéniable. Mais est-il vraiment justifié ? Avant de se décider pour l’une ou l’autre de ces techniques, cinq questions (cruciales) se posent, surtout en cette période d’incertitude juridique. 

#1 – Laser ou IPL ?

C’est LA question. Si le laser propose de meilleurs résultats en épilation, on ne peut pas écarter totalement la lumière pulsée. En effet, le laser est interdit pour les traitements des taches pigmentaires, des varicosités, voire en photorajeunissement…

Ce n’est pas le cas de l’IPL. Or, cette prestation peut facilement représenter 20 à 30% du chiffre d’affaires d’un institut. Sur de grandes zones et sur des peaux foncées, le traitement à l’IPL se révélera certainement moins douloureux, même s’il faudra plus de séances pour le même résultat.

#2 – L’épilation est-elle vraiment définitive ?

Rien de pire que de vendre à une cliente une épilation définitive et de la voir revenir trois mois plus tard, désappointée, parce qu’elle a subi une repousse paradoxale ! En ciblant le follicule, comme le recommandent la plupart des dispositifs, vous allez obtenir une épilation longue durée, mais pas forcément définitive.

Seule la destruction de la racine germinative permet d’obtenir un résultat permanent. Evitez donc les promesses définitives. Mais en assurant un équilibre entre confort et résultats et en vous spécialisant dans un concept global d’épilation, vous pouvez obtenir des résultats  probants et asseoir votre expertise.

#3 – Respect de la réglementation

L’arrêt du Conseil d’Etat du 8 novembre 2019 a été formel : on ne pourra plus interdire ces deux technologies aux esthéticiennes. Le nouveau texte en attente de publication portera principalement sur les obligations à respecter, à savoir une formation de qualité, et un traitement et un suivi personnalisé pour chaque cliente.

#4 – La jungle des normes

CE, CE Médical, CEM… Chaque distributeur – ou chaque fabricant – vous dira que seuls les appareils qu’il commercialise sont conformes. Que dit la loi ? À ce jour, il n’y a pas d’obligation de CE médical pour les esthéticiennes. Et la future norme, dite MDR, ne sera applicable qu’en janvier 2029. Entre-temps, une norme 93/42 ou 2017/745 reste parfaitement conforme. En revanche, nombre de fabricants oublient de passer le CEM (compatibilité électromagnétique) pourtant obligatoire, même pour un simple sèche-cheveux.

#5 – Combien ça coûte ?

Une vraie question, car les prix flambent. On voit ainsi des dispositifs Laser Diode passer la barre des 35 000 voire 40 000 euros. À ce prix-là, vous passerez plus de temps à rembourser la banque qu’à gagner de l’argent. Même avec des séances à 200 euros. Il vous faudrait effectuer au moins 200 séances avant de gagner le moindre centime.

Alors, quelle solution ? Peut-être, tout simplement, opter pour un appareil doté des deux technologies, à un prix plus raisonnable (moins de 25000 euros), ou choisir une formule de location. Ou encore faire de l’épilation un concept à part entière, avec des technologies complémentaires, comme l’électrolyse ou des Leds. Des solutions que vous pourrez explorer lors d’une conférence dédiée au sujet, le dimanche 3 mars à 13h dans le cadre du salon Beauty Profs à Paris**.

(*) Arrêt du Conseil d’Etat du 8 novembre 2019 et Cour de cassation du 30 mai 2020.
(**) Beauty Profs à Paris, 3 et 4 mars aux Docks de Paris, 93300 Aubervilliers.

LIRE AUSSI : La CNAIB et la CNEP font front commun contre le laser diode

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