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Epilation au laser diode : Keros Technology s’explique

EPILATION ÀA LASER DIODE

Mis à l’index par la CNAIB et la CNEP, sans être expressément cité, comme le rapportait hier Profession bien-être, Thomas Gruot, directeur technique de Keros Technology, qui commercialise un dispositif impliquant à la fois un médecin, une esthéticienne et une cliente, a souhaité réagir.

Profession bien-être : Les organisations professionnelles de l’esthétique accusent certains fournisseurs d’appareils d’épilation au laser diode de «fausses allégations». Vous vous sentez visé ?

Thomas Gruot : Oui. Ce communiqué nous concerne directement et exclusivement, car nous sommes les premiers et les seuls à avoir trouvé et mis en place cette solution innovante, qui s’appuie sur la téléconsultation avec un médecin, permettant enfin aux centres esthétiques d’utiliser le laser diode, comme c’est déjà le cas dans tous les pays européens.

Peut-être, mais ce type de technologie est beaucoup plus puissant que les lampes des appareils à lumière pulsée…

Ce que vos lecteurs doivent comprendre, c’est que le laser diode est non seulement une technologie plus efficace que les IPL, mais surtout beaucoup plus sécurisée. De plus, il ne faut surtout pas confondre les lasers diode avec les autres types de laser qui sont bien souvent plus compliqués et dangereux à manipuler.

En France, les lasers sont néanmoins interdits aux esthéticiennes. N’êtes-vous pas dans l’illégalité ?

La première erreur à éviter est d’argumenter sur les réglementations ou les diplômes liés au domaine esthétique. Notre solution est tout aussi viable pour une infirmière, qui a des diplômes et des champs d’action bien différents.

Vous vous appuyez sur un texte de 2019 concernant la télémédecine. Selon vous, il autoriserait un médecin à pratiquer un diagnostic à distance et à diriger une opératrice. Dans leur communiqué, la CNAIB et la CNEP affirment pourtant qu’une jurisprudence de 2018 s’y opposerait. Que leur répondez-vous ?    

Elles font référence à la décision de la Cour de Cassation de février 2018, qui est justement le point de départ de notre solution, au lieu d’en être l’interdiction. Rappelons les faits. L’arrêté du 30 janvier 1974 est très explicite : «Art.2. Les lasers à usage médical sont des appareils devant être utilisés par un médecin ou sous sa responsabilité».

En résumé, c’est parce que la surveillance des médecins n’était pas suffisamment active que les magistrats ont jugé que les actes des opératrices n’avaient pas été réalisés sous leur responsabilité. En tout état de cause, cette décision est restée un cas isolé et des centaines de centres médicaux proposent aujourd’hui du laser avec des opératrices esthéticiennes ou infirmières.

Mais la responsabilité d’un médecin ne se limite pas à la seule surveillance d’une opératrice…

En fait, il y a surveillance effective, sérieuse et suivie du médecin quand plusieurs paramètres sont réunis. Le médecin doit contrôler les compétences de l’opératrice, c’est indispensable de vérifier qu’elle connait les informations de bases, mais aussi les réglages et l’application. Il doit aussi analyser le bilan et s’assurer que tous les paramètres sont valides pour que le soin puisse être réalisé ou non. Sans ses validations, le soin ne peut en aucun cas être réalisé.

C’est également au médecin de donner toutes les instructions de puissance et le protocole que l’opératrice suivra tout du long du traitement. Il doit aussi être en capacité de le contrôler et pouvoir répondre aux questions de l’opératrice et de la cliente. Enfin, il doit avoir la capacité d’intervenir sans délai en indiquant la marche à suivre en cas de problème lors d’une séance ou après. Vous voyez, ce qu’on désigne par «surveillance» est très bien pris en compte.

Qu’est-ce qui a changé depuis 2019 ?

D’abord, les actes d’épilation qui ne sont pas réalisés dans un but thérapeutique ne sont plus réservés aux seuls médecins. Ensuite, tout a changé en 2019 avec l’assouplissement de la législation sur la télémédecine, permettant aux médecins de faire des bilans et du suivi de traitement à distance.

S’il est possible pour un médecin de faire des bilans, éditer des prescriptions et faire le suivi d’un patient pour des maladies graves, il est évident que l’on doive répondre aux demandes, mêmes les plus exigeantes, pour un soin d’épilation définitive avec un laser diode, qui est moins dangereux qu’une IPL.

C’est de là que l’idée de créer le logiciel de télémédecine est venue, afin d’apporter aux médecins plus de latitude sur leurs emplois du temps, tout en gardant une présence active auprès de leurs opératrices et donc maintenir la notion de responsabilité. Eh oui, la première version de notre logiciel de télémédecine n’était pas pour les centres esthétiques mais bien pour les médecins !

Comment passe-t-on des médecins aux centres esthétiques ?

Un concours de circonstance quand un médecin a tout simplement eu l’idée de proposer la solution aux centres esthétiques de sa ville ! Nous nous sommes rapprochés de notre cabinet d’avocat spécialisé dans la médecine esthétique pour lui demander confirmation de cette possibilité et savoir quel contrat spécifique nous devions avoir entre le centre et le médecin pour répondre à toutes les obligations légales.

Après une étude longue et approfondie de la législation, la réponse fut positive et le cabinet édita un contrat prenant en compte tous les paramètres permettant un investissement bien plus serein que les IPL à l’époque. Ce même contrat délimite très bien les actions et le fonctionnement entre la cliente, l’esthéticienne et le médecin. Il permet à chacun de respecter les obligations déontologiques et légales qui lui incombent. Nous avons fait la même chose pour l’assurance en faisant appel à un cabinet spécialisé.

Vous ne craignez donc pas que la répression des fraudes vienne remettre en cause votre dispositif ?

Non. Je peux même vous dire que nous avons également fait des démarches auprès de plusieurs instances importantes comme la DGCCRF, afin de présenter notre solution. A ce jour, aucune n’a indiqué que notre solution n’était pas viable. Nous comprenons que notre solution ait fait l’effet d’une bombe et, pour nous, c’est avant tout la méconnaissance du dossier et les craintes que l’on a déjà vues par le passé qui poussent à avoir des positions aussi tranchées.

Nous réitérons donc notre appel aux syndicats de bien vouloir accepter de nous rencontrer, afin que nous puissions leur présenter l’ensemble de notre solution. L’utilisation du laser diode en centre esthétique est une évolution logique du marché et nous avons intérêt à tous travailler ensemble de manière apaisée et constructive.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

LIRE AUSSI : La CNAIB et la CNEP font front commun contre le laser diode

Pour information : Laure Jeandemange, rédactrice en chef des Nouvelles Esthétiques, organise le lundi 19 septembre, à 15h, un live Facebook sur le thème suivant : «Laser diode pour les instituts de beauté : oui ou non ? ».  

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