C’est un basculement inédit : avec 2,1 millions d’interventions enregistrées en 2024, la chirurgie des paupières (blépharoplastie) prend pour la première fois la tête du classement mondial des interventions esthétiques chirurgicales. Elle détrône ainsi la liposuccion, qui dominait historiquement cette catégorie, selon des chiffres dévoilés lors du dernier congrès de l’ISAPS, qui s’est tenu le 20 juin à Singapour. Cette progression représente une hausse de 13,4% par rapport à 2023.
Selon ce rapport, 38 millions de procédures esthétiques ont été réalisées en 2024, dont 17,4 millions de chirurgies et 20,5 millions d’interventions non chirurgicales. Une dynamique soutenue, puisque le nombre total d’actes a progressé de 42,5% au cours des quatre dernières années, souligne l’ISAPS.
Le top 5 mondial des actes chirurgicaux est désormais le suivant : chirurgie des paupières (2,1 millions, +13,4%), liposuccion, augmentation mammaire, révision des cicatrices et rhinoplastie. Chez les femmes, la liposuccion reste toutefois en tête, devant la chirurgie des paupières et l’augmentation mammaire. Chez les hommes, la chirurgie des paupières domine, suivie de la gynécomastie et de la révision des cicatrices.
Net recul des interventions sur le corps
Les interventions centrées sur le visage et la tête poursuivent ainsi leur progression, avec 7,4 millions d’actes en 2024, soit une hausse de 4,3%, précise un communiqué. Parmi elles, la greffe de graisse au visage se distingue avec 0,9 million d’interventions, en hausse de 19,2%.
À l’inverse, les interventions ciblant le corps sont en net recul. Le rapport recense, en particulier 6 millions d’interventions sur le corps et les extrémités, en baisse de 14,8%, et 3,9 millions d’interventions sur le sein, en baisse de 14,1%.
Parmi les actes non chirurgicaux les plus pratiqués figurent les injections de toxine botulique, les fillers à base d’acide hyaluronique, l’épilation, le raffermissement cutané sans chirurgie et les peelings chimiques. La toxine botulique reste la procédure non chirurgicale la plus pratiquée, tous sexes et âges confondus, avec 7,8 millions d’interventions réalisées par des chirurgiens plasticiens en 2024. En deuxième position, les injections d’acide hyaluronique progressent de 5,2%, atteignant également 7,8 millions d’actes.
Les États-Unis en tête des actes esthétiques
Autre enseignement : les interventions les plus invasives concernent majoritairement les 18-34 ans. Une tranche d’âge qui regroupe 54% des augmentations mammaires, 60,1% des rhinoplasties et 48,4% des chirurgies des organes génitaux externes. En revanche, les injections de toxine botulique sont davantage plébiscitées par les 35-50 ans, qui en représentent 47% des bénéficiaires. La liposuccion et la réduction non chirurgicale de la graisse sont, quant à elles, réparties de manière assez équilibrée entre les deux groupes.
Sur le plan géographique, les États-Unis conservent leur place de leader mondial, avec plus de 6,1 millions d’interventions toutes catégories confondues. Le Brésil, avec 3,1 millions d’actes, occupe la première place mondiale en volume de chirurgies esthétiques. Le Japon complète le podium.
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