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Chirurgie des paupières : pourquoi le regard devient plus naturel

Comment conseiller une cliente qui envisage une chirurgie des paupières ? Profession bien-être a interrogé le docteur Michel Rouif, chirurgien plasticien à Tours, sur les changements récents qui ont fait évoluer ce type d’intervention vers un résultat plus naturel et pérenne. 

Profession bien-être : On parle beaucoup de la chirurgie des paupières, mais on en a peut-être une image un peu vieillotte…

Dr Michel Rouif : Oui, c’est vrai. La chirurgie de la région de l’orbite a déjà beaucoup évolué. On s’est aperçu qu’il fallait être plus conservateur. On a d’abord réfléchi sur la façon d’améliorer l’esthétique de la paupière inférieure : on a gardé la graisse, on l’a déplacée et, parfois, on a pu aussi combler le cerne qui se trouvait sous cette poche.

On se pose désormais la même question pour la paupière supérieure, parce que, ce qui donne cette impression de fatigue, c’est souvent la région de l’orbite qui se creuse. L’idée est que, finalement, pour rajeunir une paupière ou l’embellir – et donc avoir l’air moins fatigué -, il faut sans doute moins retirer et considérer aussi des événements périphériques, comme la place du sourcil et l’incidence du front sur le sourcil ou sur la paupière.

Qu’est-ce qui donne l’air fatigué avec l’âge ?

C’est vrai que la majorité des patients qui viennent voir un chirurgien plasticien ne disent pas qu’ils veulent rajeunir… Ils nous disent qu’ils en ont assez qu’on leur répète qu’ils ont l’air fatigué, alors qu’ils ont passé une très bonne nuit ! On traite alors les poches, qui sont en fait un signe de fatigue, puisque le muscle tient moins bien la graisse de la paupière inférieure.

Pour la paupière supérieure, on évite de creuser l’oeil, parce que les yeux creusés sont des yeux de personnes malades ou fatiguées… L’erreur qu’on faisait auparavant, c’était de retirer trop de volume dans les paupières d’en bas ou d’en haut. Aujourd’hui, on met de la graisse dans la paupière supérieure, surtout dans le coin interne, là où ça se creuse, pour des raisons anatomiques.

Quand on vieillit, la cavité orbitaire osseuse s’agrandit, ce qui fait qu’il y a un rapport entre le contenant et le contenu qui est défavorable et qui donne cette impression de creusement. Donc, retirer de la graisse dans les paupières, ce n’est pas une bonne idée. On peut retirer un peu de peau, parce que la peau se détend, mais il ne faut pas non plus en retirer trop.

Votre approche devient donc moins invasive aujourd’hui…

Plus conservatrice, c’est clair, et additive, puisqu’on peut rajouter un peu de graisse autologue, c’est-à-dire prélevée chez les personnes elles-mêmes, qu’on injecte surtout dans la partie haute pour décreuser la paupière. On regarde aussi où le sourcil va, parce qu’il descend aussi, tout doucement.

C’est d’ailleurs très intéressant de voir la forme du sourcil et sa place. Sa place, ça peut être une séquelle du vieillissement, mais ça peut aussi être naturel. Il y a des gens qui ont des sourcils bas. La forme, c’est l’émotion. Dans les emojis, on voit bien qu’il suffit de deux yeux et une bouche !

La partie haute des paupières, c’est la partie vraiment esthétique de votre travail, non ?

Oui, car le bon résultat de la paupière supérieure, c’est un résultat qui est vraiment l’excellence de l’esthétique. Je dirais que ce n’est pas une chirurgie compliquée techniquement, mais une chirurgie compliquée dans l’esthétique. Et on a besoin de l’expliquer à nos patients.

En tant que chirurgien, est-ce que vous estimez que les cosmétiques peuvent retarder les effets de l’âge et, si oui, le voyez-vous sur vos patients ?

Les cosmétiques retardent les effets de l’âge, c’est sûr. Ce qui nous importe, c’est la prévention, l’hydratation et la protection solaire. Le tabac, par exemple, c’est extrêmement mauvais pour les paupières, parce que la fumée monte directement sur elles. Il y a aussi des clignements répétitifs, l’activité musculaire est donc permanente, générant des rides d’expression de plus en plus nombreuses, notamment sur la patte d’oie. C’est aussi une peau qui devient plus sébacée, plus lourde.

Propos recueillis par Georges Margossian.

(*) Le Dr Michel Rouif est également secrétaire général de la Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens (Sofcep).

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