Lors de son Assemblée générale annuelle, tenue le 13 mai, à Francfort, le label Natrue a renouvelé sa gouvernance. L’association internationale des cosmétiques bio et naturels a élu un nouveau président, le Pr Florian Stintzing (Wala), ainsi qu’une nouvelle vice-présidente, Jayn Sterland (Weleda UK).
Le Dr Florian Stintzing succède au Dr Bernhard Irrgang (Weleda), qui occupait ce poste depuis plus de dix ans, avant de prendre sa retraite. Déjà vice-président de l’association, le nouveau président est présenté comme un profil scientifique. Docteur en technologie alimentaire, professeur associé à l’université de Hohenheim (Stuttgart), il dirige depuis 2012 le département scientifique de Wala, filiale du laboratoire allemand à l’origine de la marque Dr.Hauschka, où il siège aussi au conseil d’administration.
«Sa solide expertise scientifique, son leadership dans l’industrie et son engagement de longue date en faveur des standards des produits naturels font de lui le candidat idéal pour conduire Natrue dans sa prochaine phase d’impact et d’innovation», peut-on lire dans un communiqué de l’association.
Un profil plus technique pour le label Natrue
Ce changement de présidence intervient alors que les enjeux normatifs s’intensifient à l’échelle européenne, notamment autour du projet de directive sur les allégations environnementales. Le profil technique de Florian Stintzing pourrait incarner un recentrage stratégique de Natrue sur le renforcement scientifique de son référentiel.
«L’élection de notre nouveau président et de notre nouvelle vice-présidente est un moment charnière pour Natrue (…). Nous sommes convaincus que leur vision, la complémentarité de leurs expertises et leur engagement fort en faveur de la durabilité renforceront le rôle de Natrue comme référence mondiale dans le secteur de la beauté naturelle et bio», a commenté le Dr Mark Smith, directeur général de Natrue, dans le communiqué.
La nomination de Jayn Sterland, directrice générale de Weleda UK et figure reconnue de la cosmétique durable, en tant que vice-présidente, complète cette nouvelle direction. Elle apporte une expérience exécutive importante, doublée d’un engagement de long terme sur les questions de responsabilité sociétale.
Vers une redéfinition des priorités stratégiques ?
La feuille de route de Natrue s’articule désormais autour de trois piliers : durabilité, innovation et communication. Trois groupes de travail ont été activés. Le premier revoit le périmètre des standards pour mieux intégrer les enjeux environnementaux. Le second vise à simplifier les critères pour les aligner avec les réalités du marché. Le troisième travaille sur la notoriété du label à l’international.
Natrue entend peser dans les discussions autour de la directive européenne Green Claims, censée lutter contre le greenwashing. Accusée d’être trop complexe et coûteuse, celle-ci fait l’objet d’un intense lobbying industriel, notamment des secteurs cosmétique, agroalimentaire ou touristique, qui réclament un allègement des obligations de vérification.
Aux côtés de 17 associations, Natrue appelle à un cadre «clair, harmonisé et applicable», jugeant que le projet actuel risque de pénaliser l’innovation sans garantir une meilleure information des consommateurs. Avec 10 100 produits certifiés dans plus de 30 pays, l’association milite aussi pour que les labels privés soient pleinement reconnus.
LIRE AUSSI : Marketing vert : vers la fin des promesses trop vagues ?



