La Chine vient de prendre date dans l’histoire de la parfumerie mondiale. Le 9 juillet, le «Xuelei Fragrance Museum» a ouvert ses portes à Guangzhou, dans le sud du pays. Avec plus de 7 000 mètres carrés de surface, il revendique le titre de «plus grand musée du parfum au monde».
Le bâtiment se veut impressionnant autant par ses dimensions que par son architecture. Inspiré à la fois par les montagnes enneigées et les alambics de distillation, il arbore une façade en briques rouges à texture artisanale, clin d’œil à l’héritage manuel du parfum. Ce choix esthétique traduit l’ambition du fabricant de parfums Xuelei de faire de cette institution un symbole d’excellence technique et artisanale.
«Grâce à des résonances multisensorielles, des scénarios dans le temps et des perspectives transdimensionnelles, les visiteurs sont invités à explorer un monde olfactif dynamique et sensoriel, tangible, interactif et riche en découvertes», fait valoir la société chinoise dans un communiqué. Plus de 300 profils olfactifs uniques y sont mis en scène grâce à des dispositifs interactifs mêlant évocations historiques, jeux de perception et récits sensoriels.
Au-delà de la scénographie, le projet porte une ambition diplomatique claire. Il s’agit, selon Xuelei, de revitaliser la culture traditionnelle chinoise du parfum, tout en construisant «un pont mondial pour le dialogue olfactif entre l’Orient et l’Occident». Le musée vise ainsi à reconnecter tradition et innovation, culture locale et scène internationale.
Au-delà du musée, une ambition industrielle
Le message a été reçu cinq sur cinq par les grands noms du secteur. Début juillet, la cérémonie d’inauguration a réuni les représentants de Givaudan, Firmenich, IFF, Symrise, Mane, Iberchem ou encore CPL Aromas. Ces maisons de composition historiques, partenaires des plus grandes marques occidentales, ont non seulement assisté à l’ouverture, mais aussi contribué à la construction du musée.
Leur présence et leur soutien public marquent un changement de posture stratégique : la Chine n’est plus un simple marché de consommation. Elle devient un acteur structurant de l’écosystème mondial du parfum, reconnu et intégré par les leaders historiques de la filière. Dans cette perspective, le musée se positionne comme un accélérateur industriel. Conçu comme un écosystème, il associe universités, recherche et entreprises.
«En regroupant les ressources des marques et en rationalisant la chaîne d’approvisionnement, il permet également aux entreprises chinoises de parfums d’être compétitives sur la scène internationale et d’évoluer en toute confiance vers des marques de renommée mondiale», explique Xuelei. Une façon de redistribuer les cartes du récit olfactif mondial.
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