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Face à la crise de l’eau, la cosmétique entre en mode sobriété

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D’ici 2050, 88% du territoire français pourrait être confronté à des tensions hydriques estivales. Face à cet enjeu, la Fédération des entreprises de la beauté (Febea) lance un plan sectoriel de sobriété hydrique pour réduire consommation et rejets à chaque étape de la filière cosmétique.

La sécheresse exceptionnelle de l’été 2022 pourrait ne plus être une exception. «Sans inflexion des tendances actuelles, 88% du territoire hexagonal pourrait être en situation de tension modérée ou sévère en été en matière de prélèvements», alerte le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan dans une note relayée par l’AFP. Même en adoptant une politique de rupture avec une société «sobre en matière d’eau dans tous les secteurs d’activité», cette proportion ne tomberait qu’à 64%.

«Des restrictions d’usage de l’eau pour les activités agricoles, industrielles ou pour les particuliers seraient alors probables sur la quasi-totalité du territoire, comme en 2022», indique le rapport. Les régions les plus concernées seraient le sud-ouest et le sud-est de la France, «en raison de la part importante de l’eau consommée, du fait notamment de l’irrigation des cultures», selon le document. 

L’étude, appuyée par des travaux de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), dans le cadre du programme Explore 2, estime que «près de 90% des bassins-versants» seront touchés par une dégradation de la situation hydrique entre 2020 et 2050 si aucune mesure forte n’est prise. Dans le scénario de rupture, cette dégradation concernerait «environ la moitié des bassins-versants», selon Hélène Arambourou, co-auteure de la note.

Pour contenir cette évolution, «une sobriété dans tous les secteurs et toutes les activités humaines » s’impose, rappelle Mme Arambourou. Cela inclut des changements majeurs dans l’agriculture, le résidentiel ou encore l’énergie, avec, entre autres, «une diminution de 80% de la production nucléaire».

L’industrie de la beauté face au défi de l’eau 

FEBEADans ce contexte de raréfaction de la ressource, la Febea lance cet été une campagne de communication digitale vers le grand public intitulée « #gouttequegoutte ». Objectif : promouvoir des écogestes simples, validés par les professionnels du secteur cosmétique, sans renoncer au confort.

Les gestes recommandés incluent le fait de fermer le robinet pendant le brossage des dents ou le rasage, réduire la durée des douches, installer des mousseurs ou des douchettes économes, ou encore privilégier les produits sans rinçage, comme le shampoing sec. Chaque minute de robinet laissé ouvert représenterait 12 litres d’eau gaspillés, rappelle la campagne.

«Cette nouvelle campagne s’inscrit dans une démarche positive et pédagogique, qui valorise les bénéfices des gestes économes en eau. Prendre soin de soi tout en préservant la planète, c’est possible grâce à des habitudes simples à adopter dans la salle de bain», déclare Emmanuel Guichard, directeur délégué de la Febea, dans un communiqué. 

Il y a deux ans, la fédération avait lancé un plan sectoriel de sobriété hydrique, en réponse au Plan Eau 2023 du gouvernement. Ce dispositif établissait un état des lieux des usages et rejets d’eau dans la filière, tout en identifiant les leviers d’action à mobiliser d’ici 2030. Un «Guide sobriété hydrique» est venu compléter cette initiative, en proposant des «solutions concrètes pour réduire la consommation d’eau à toutes les étapes de la chaîne de valeur».

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