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Cosmétiques : la Febea alerte sur le danger des « dupes »

Dupes cosmétiques

À la veille de la Journée mondiale anti-contrefaçon, le 4 juin, la Fédération des entreprises de beauté (Febea) lance une mise en garde contre l’essor des cosmétiques «dupes». Porté par les réseaux sociaux et les plateformes de e-commerce, ce phénomène inquiète la filière.

En partenariat avec l’Union des fabricants pour la protection internationale de la propriété intellectuelle (Unifab), la fédération tire la sonnette d’alarme sur la prolifération des «dupes», ces imitations à bas coût de produits cosmétiques de marque. Loin d’être de simples alternatives bon marché, ces copies brouillent les repères entre bon plan et contrefaçon.

Le phénomène gagne du terrain : selon une étude C-Ways menée pour la Febea, réalisée en mars 2025, près d’un tiers des Français (31%) ont acheté un dupe de produit cosmétique au cours des douze derniers mois. En première ligne, les jeunes consommateurs, particulièrement les générations Z et millennials, attirés par les vidéos virales sur TikTok et les prix cassés des plateformes comme Temu, Shein ou AliExpress.

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Les « dupes » défient les normes européennes

«Tous les signaux indiquent que nous faisons face à des produits illégaux qui sont des contrefaçons», s’inquiète Christian Peugeot, président de l’Unifab, cité dans un communiqué. Derrière l’apparente innocuité de ces copies se cache une réalité plus préoccupante. Pour la Febea, les dupes échappent bien souvent aux réglementations européennes, parmi les plus strictes au monde. 

En cause : une traçabilité absente, des ingrédients non déclarés, parfois interdits, et un étiquetage trompeur. Plusieurs produits ont d’ailleurs été retirés du marché après des contrôles menés par les autorités françaises. Certains contenaient des substances interdites ou des concentrations largement supérieures aux seuils sanitaires autorisés.

Dupes

«Ces produits peuvent contenir des ingrédients toxiques et des allergènes non déclarés qui présentent une réelle menace pour les consommateurs», explique Emmanuel Guichard, délégué général de la Febea. Au-delà du risque sanitaire, le phénomène des dupes s’attaque aux fondements économiques et créatifs de l’industrie cosmétique, ajoute la fédération. 

« Des atteintes à la propriété intellectuelle » 

En reproduisant à moindre coût l’apparence ou l’effet de produits existants, ces copies détournent la valeur issue de la recherche et affaiblissent les chaînes de valeur construites autour de l’innovation, de la formulation jusqu’au packaging. «Des atteintes à la propriété intellectuelle et au processus créatif propre à notre filière d’excellence», estime la Febea.  

L’organisation rappelle que l’accessibilité n’implique pas nécessairement le recours à l’imitation : de nombreuses marques françaises proposent déjà des formats réduits, des flacons rechargeables ou des concentrations plus légères pour élargir l’accès à des produits sûrs et originaux.

Mais pour enrayer la banalisation des copies, ces initiatives ne suffisent plus. La Febea insiste sur la nécessité d’une réponse concertée. «C’est l’affaire de tous ! En cela, la force du collectif est notre meilleur atout», souligne Emmanuel Guichard. À l’heure où les frontières entre inspiration et imitation se brouillent, la copie d’un cosmétique n’est plus anodine. Selon Le Monde, la contrefaçon, liée à des réseaux criminels, est le troisième trafic le plus lucratif à l’échelle mondiale, derrière la drogue et la traite d’êtres humains.

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