Beauté

Bien-être

Business

États-Unis, le talon d’Achille des exportations françaises de cosmétiques

export cosmétiques

En 2025, les exportations françaises de cosmétiques enregistrent un recul inédit hors période Covid. Selon la Fédération des entreprises de beauté, cette baisse globale s’explique par un seul facteur : le net repli du marché américain, première destination des cosmétiques français.

D’après la Febea, les exportations françaises de cosmétiques reculent de 1,16 % en 2025. Un chiffre modeste en apparence, mais lourd de sens. «C’est la première fois depuis au moins vingt ans, hors période Covid, que nous n’avons pas de hausse», souligne Emmanuel Guichard, délégué général de la fédération, dans un entretien accordé à l’AFP. Sur les dix premiers mois de l’année, les exportations atteignent 18,75 milliards d’euros, alors qu’elles progressaient jusqu’ici d’environ 6 % par an, hors parenthèse Covid.

Pendant des années, les ventes de cosmétiques français à l’étranger ont augmenté presque mécaniquement. Crèmes, parfums et soins « made in France » trouvaient facilement preneur sur les marchés internationaux. En 2025, cette dynamique s’est brusquement arrêtée. Non pas partout, mais sur un marché clé. Car, d’après la Febea, l’unique raison de cette baisse réside dans la hausse des droits de douane aux États-Unis, première destination des cosmétiques français.

Des importations tirées par l’Asie

Résultat : les exportations vers les États-Unis reculent de 18 %. Cette chute pèse mécaniquement sur l’ensemble des chiffres, tant le marché américain occupe une place centrale dans les débouchés de la filière. Ailleurs, les ventes continuent de progresser

Ce point est essentiel : la baisse n’est pas générale. Emmanuel Guichard précise que les ventes sont en hausse «partout ailleurs». Dans le détail, +2 % en Chine et +4 % dans l’Union européenne. Dans le même temps, les importations de cosmétiques augmentent de 6 %, pour atteindre 4,46 milliards d’euros.

Cette progression s’explique notamment par les produits en provenance de Chine via les plateformes et ceux venus de Corée, portés par l’émergence de la K-Beauty. Conséquence directe : le solde commercial de la filière s’établit à 14,29 milliards d’euros, en recul de 473 millions d’euros par rapport aux dix premiers mois de 2024, soit une baisse de 3,2 %.

L’Inde comme relais de croissance 

«On ne voit pas vraiment de signe qui laisserait entendre que la fin de l’année pourrait minimiser ce chiffre», estime Emmanuel Guichard. «Il nous faut aussi gagner en compétitivité et en innovation face à la Corée», ajoute le délégué général de la Febea, qui évoque toutefois «une respiration» possible avec la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Inde. 

Ce marché représente un potentiel de 70 millions de clients, alors que les exportations françaises vers l’Inde atteignent aujourd’hui 58 millions d’euros. Bonne nouvelle : la cosmétique demeure toujours le deuxième contributeur à la balance commerciale française, assure la Febea.

LIRE AUSSI : Cosmétiques français : 11 000 emplois menacés par les taxes américaines

Facebook
LinkedIn
WhatsApp
Email
Dans la même catégorie

Nous utilisons des cookies