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Cosmétiques français : 11 000 emplois menacés par les taxes américaines

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Les exportations françaises de cosmétiques vers les États-Unis devraient chuter de 21% en 2026, menaçant près de 11 000 emplois, alerte la Febea. En cause : la combinaison des droits de douane de 15% sur les cosmétiques et de 50% sur les composants métalliques des emballages. 

La guerre commerciale entre Washington et ses partenaires rattrape désormais la beauté française. Un an après l’élection de Donald Trump, la Fédération des entreprises de la beauté (Febea) publie une étude du cabinet Asterès qui chiffre, pour la première fois, l’impact des nouvelles mesures américaines sur la filière cosmétique.

Les résultats sont édifiants. Jusqu’ici, les produits de beauté français traversaient l’Atlantique sans entrave : les droits de douane sur les cosmétiques étaient nuls (0%) en 2024. Mais ce régime privilégié a pris fin à l’été 2025. Depuis le 28 juillet, les exportations de cosmétiques sont soumises à un droit de 15%, tandis que les composants métalliques des emballages ont été frappés d’une surtaxe additionnelle de 50% trois semaines plus tard, le 19 août. La dépréciation du dollar face à l’euro (-4%) a encore accentué ce choc tarifaire pour les entreprises françaises. 

Premier marché d’exportation du secteur, les États-Unis ont importé près de 3 milliards d’euros de cosmétiques français en 2024, dont la moitié en parfums. Cette relation commerciale privilégiée a longtemps fait de la cosmétique le deuxième contributeur à l’excédent commercial français avec les États-Unis, affichant un solde positif de 2,4 milliards d’euros. Cet équilibre, selon la Febea, est désormais directement menacé.

Des effets déjà visibles sur le commerce extérieur

Le cabinet Asterès estime que la combinaison des nouvelles taxes américaines et de la faiblesse du dollar pourrait provoquer une chute de 21% des exportations françaises de cosmétiques vers les États-Unis en 2026, soit une perte de 620 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Au-delà des chiffres, c’est l’emploi qui vacille. Cette contraction des ventes mettrait en péril 10 900 emplois au total : 2 700 emplois directs dans les entreprises exportatrices et 8 200 emplois indirects dans la chaîne logistique, l’emballage, la communication ou les services fournisseurs. Dans un communiqué, la Febea rappelle qu’un emploi direct dans la cosmétique génère en moyenne trois emplois indirects, amplifiant l’effet d’entraînement sur tout l’écosystème.

Les premiers signaux d’alerte sont déjà là. Au premier semestre 2025, les exportations françaises de cosmétiques ont chuté de 12,7%, un recul que l’étude Asterès relie à un stockage anticipé des grands groupes fin 2024, juste avant l’entrée en vigueur des nouvelles taxes américaines. 

Cette contraction fragilise donc un pilier du commerce extérieur français : avec 35,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et 300 000 emplois directs et indirects, la cosmétique figure parmi les filières les plus dynamiques de l’économie nationale, souligne la filière.

La Febea appelle à une mobilisation européenne

Face à des résultats jugés «alarmants», la Febea plaide pour une réaction collective. Elle propose un plan d’action européen d’urgence, baptisé «Beauty Industry Package», destiné à préserver la compétitivité du secteur. L’organisation alerte aussi sur les menaces multiples qui pèsent sur le secteur : concurrence asiatique accrue, multiplication des barrières commerciales et inflation réglementaire européenne.

«La cosmétique française est une force d’innovation, d’exportation et d’emploi. Nous demandons à nos décideurs européens et français de nous donner les moyens de maintenir notre leadership mondial, sans complexifier inutilement notre cadre d’action», insiste Emmanuel Guichard, délégué général de la Febea. 

Un appel qui résonne comme un avertissement : la hausse des droits de douane américains met à nu la fragilité d’une industrie mondialisée, tributaire des échanges et des équilibres géopolitiques.

LIRE AUSSI : La Febea veut sauver le leadership de la cosmétique française

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