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La Febea veut sauver le leadership de la cosmétique française

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Menacée par la concurrence mondiale, la guerre commerciale et l’inflation réglementaire, la filière cosmétique française voit son avance se réduire. La Fédération des entreprises de la beauté propose un plan en cinq priorités pour préserver ce pilier des exportations hexagonales. 

Derrière ses performances économiques flatteuses, la filière cosmétique française montre des signes de fragilité. Avec 35,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, 22,5 milliards d’euros d’exportations et un excédent commercial de 17,6 milliards d’euros, elle s’impose comme le deuxième contributeur net à la balance commerciale du pays. À elle seule, elle génère 300 000 emplois directs et indirects, et près de trois millions à l’échelle de l’Union européenne.

Pourtant, malgré ses succès, le champion de la beauté dans le monde se trouve «confronté à un risque de décrochage sur la scène internationale», avertit la Fédération des entreprises de la beauté. La hausse des exportations est passée de +10,8 % en 2023 à +6,8 % en 2024. Un signal d’alerte que la Febea ne prend pas à la légère. 

Trois menaces sur l’industrie cosmétiques française

Trois menaces pèsent sur la compétitivité française, selon la fédération, qui rassemble 350 entreprises françaises, dont 82% de TPE et PME. D’abord, la concurrence mondiale se resserre : la Corée du Sud talonne désormais la France et les États-Unis, tandis que les acteurs asiatiques gagnent du terrain avec des coûts de production plus faibles et un environnement bien plus favorable à l’investissement industriel.

À cela s’ajoutent des tensions commerciales persistantes, notamment avec les États-Unis, premier marché d’exportation de la cosmétique française. La guerre tarifaire lancée sous l’administration Trump a freiné une dynamique jusque-là très porteuse, faisant planer des menaces de rétorsion durables sur les échanges transatlantiques.

Mais c’est surtout l’environnement réglementaire européen qui concentre les inquiétudes, souligne la Febea, qui dénonce une «complexité administrative et normative» croissante, dont l’accumulation freine l’innovation et fragilise la compétitivité de la filière.

Un appel à l’action : le « Beauty Industry Package »

Face à ces tensions, elle propose un plan stratégique baptisé «Beauty Industry Package», destiné à garantir la pérennité du secteur cosmétique en France et en Europe. «Ce que nous demandons aux décideurs français et européens est simple : donner au secteur cosmétique les moyens de maintenir sa position de leader, sans complexifier ce qui fonctionne et en fondant scientifiquement les exigences qui nous sont applicables», exhorte Emmanuel Guichard, délégué général de la Febea. 

Ce programme s’articule autour de cinq priorités. La première concerne le libre-échange. La Febea demande d’exclure les cosmétiques des mesures de rétorsion UE-États-Unis, d’intégrer des clauses sectorielles dans les accords commerciaux et de renforcer la protection de la propriété intellectuelle face aux exigences chinoises.

La deuxième porte sur le soutien à l’innovation. La fédération réclame un cadre fiscal et réglementaire stable, propice à la R&D. Elle insiste sur la nécessité de préserver l’accès aux ingrédients sûrs via l’«Omnibus chimie» et de maintenir les dispositifs comme le crédit d’impôt recherche ou l’IP Box, qui offre un taux réduit d’IS à 10% sur certains revenus liés à la propriété intellectuelle.

Normes, eaux, contrefaçons : la Febea veut agir vite

Troisième axe : simplifier le cadre normatif. La Febea plaide pour un allègement de la charge administrative, notamment pour les PME. Elle propose d’accélérer la dématérialisation de l’information au consommateur, d’harmoniser les contrôles de fabrication au sein de l’UE et de fixer un calendrier plus réaliste pour l’entrée en vigueur du règlement européen sur les emballages.

La quatrième priorité entend rétablir une équité de traitement dans les réglementations. La Febea appelle à revoir la directive sur les eaux résiduaires urbaines, pour qu’elle repose sur des études d’impact transparentes, et à instaurer une voie de recours en cas de lacunes réglementaires.

Enfin, la fédération propose d’engager la responsabilité des plateformes numériques qui facilitent la vente de produits illicites, et de renforcer la lutte contre la contrefaçon, les dupes et les pratiques commerciales trompeuses.

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