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Estée Lauder pénalisé par la hausse des droits de douane

ESTEE LAUDER

Hausse des tarifs douaniers, recul simultané des marchés : le géant américain Estée Lauder illustre la vulnérabilité des cosmétiques de luxe face à un environnement économique dégradé. Soins, maquillage et travel retail tirent les résultats vers le bas au dernier trimestre.

Les cosmétiques de luxe n’échappent plus au ralentissement. Estée Lauder annonce un bénéfice annuel inférieur aux attentes, grevé par un impact de 100 millions de dollars lié aux tarifs douaniers. Pour limiter les effets de la hausse des coûts, le groupe américain prévoit de réduire ses stocks et ses promotions.

La conjoncture pèse sur la demande, accentuée par les tensions commerciales entre Washington et Pékin. La hausse des coûts liée aux politiques économiques de l’administration Trump a freiné la consommation, touchant particulièrement les marques haut de gamme comme Estée Lauder et Tapestry, dans un secteur du luxe déjà fragilisé par le recul de la demande.

Soins et maquillage en première ligne

Les ventes nettes organiques reculent de 13% au quatrième trimestre de son exercice décalé, après une progression de 8% un an plus tôt. Les segments soins et maquillage sont les plus touchés. Le ralentissement frappe directement les marchés clés : États-Unis, Chine, France et Allemagne.

De son côté, le duty free continue de peser lourdement, représentant les deux tiers de la baisse de 8% enregistrée sur le trimestre. Le directeur financier, Akhil Shrivastava, annonce néanmoins une stratégie d’expansion en Amériques pour relancer ce canal.

Au final, la perte nette trimestrielle atteint 546 millions de dollars, contre 284 millions un an plus tôt. Elle s’explique en partie par des dépréciations liées aux contre-performances de Too Faced et de la marque skincare Dr.Jart+.

Accélération des lancements en skincare

Pour alimenter le marché chinois, Estée Lauder prévoit de miser davantage sur la production de ses usines au Japon et en Europe. Actuellement, près d’un quart des produits écoulés en Chine et dans la zone EMEA proviennent encore de ses sites américains.

Nommé début 2025, le nouveau CEO Stéphane de La Faverie mise sur l’innovation produit et le repositionnement luxe. Le groupe a accéléré les lancements en skincare, introduit de nouveaux paliers de prix haut de gamme, accru ses investissements et engagé des coupes dans ses coûts.

Avec Reuters. 

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