Dans les cosmétiques, pas besoin d’être une multinationale pour innover. À 27 ans, Clara Nentille s’est jetée dans le bain, après avoir passé, son diplôme de l’Edhec en poche, quatre ans dans une banque d’affaires. Et jusqu’à présent, cela ne lui a pas trop mal réussi. Nichée aujourd’hui dans le Beauty Hub de la Cosmetic Valley à Chartres (Eure-et-Loir), sa start-up a vu le jour en février 2022. Deux ans plus tard, elle lance son premier produit : un brumisateur.
Sa formule, qui contient 93% d’ingrédients naturels, est spécialement conçue pour protéger la peau à la fois des UVA et des UVB. «On réinvente la protection solaire pour le quotidien. Pourquoi ? Parce qu’on sait tous que les produits actuels, c’est gras, c’est collant, c’est blanc… Bref, on n’a pas envie de les appliquer tous les matins !», explique Clara Nentille.
Sa reconversion ne doit rien au hasard. Portant une casquette, la jeune femme à la peau diaphane se protège soigneusement des rayons du soleil. «Ma maman a eu deux cancers de la peau, mon papa en a eu trois et mon grand-père en est mort. Moi, j’ai toujours eu la peau très blanche et j’ai énormément de grains de beauté…», raconte l’entrepreneuse.
Pour se faire un nom sur ce marché très convoité, il fallait un produit hors norme. C’est ce qu’a réussi à faire sa jeune société, avec le soutien du CNRS et l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer. «Nous avons mis au point une brume hyper fine, sans aérosol, qui s’applique même par-dessus le maquillage, sans qu’il soit nécessaire de l’étaler, contrairement à des sprays classiques solaires», souligne la fondatrice de Substance of Light.
Une protection solaire à large spectre
Quant à son efficacité, «c’est un SPF 25 +++, également anti-lumière bleue et anti-pollution» qui protège la peau durant plus de deux heures. «Pourquoi pas un SPF 50 ? Tout simplement, parce que cet indice est bien pour la plage, quand on reste exposé pendant longtemps, mais pas si on veut vraiment se protéger contre les tâches pigmentaires, le vieillissement ou les cancers de la peau», explique Clara.
En fait, si un SPF 50 offre une excellente protection contre les UVB, il n’est pas forcément efficace contre les UVA, à moins que le produit n’offre une protection à large spectre. Ce serait justement le cas du brumisateur proposé par Substance of Light, fait valoir la jeune femme. «On a une protection qui est beaucoup plus importante en termes d’UVA et de lumière bleue. On est à 3+». Les filtres minéraux ont aussi été bannis. «Ceux qui pouvaient apporter une texture agréable contenaient des nanoparticules. Nous n’en voulions pas».
Distribué dans une dizaine de pharmacies et cinq instituts de beauté, le flacon est vendu à 39 euros l’unité (prix public). Trois nouveaux produits sont actuellement en projet et chacun devrait s’appuyer sur un brevet, à l’instar du premier. Pour l’heure, Clara Nentille, qui a déjà investi 250 000 euros de sa poche, dirige avec soin les premiers pas de sa jeune entreprise. Une première levée de fonds se profile à l’horizon.
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