Syndicats de salariés et organisations patronales se sont mis d’accord le 26 octobre sur une revalorisation substantielle des salaires de la grille professionnelle de la coiffure, au terme de plusieurs rounds de discussions.
«Il y a eu des augmentations comme jamais dans la coiffure, pour se remettre à flot par rapport aux revalorisations successives du Smic», estime Christophe Doré, le président de l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec), qui siège parmi les organisations patronales, aux côtés du Conseil national des entreprises de coiffure (Cnec).
Depuis un an, l’inflation complique la tache des partenaires sociaux dans les branches professionnelles, exacerbant les difficultés dans la coiffure, dont quatre échelons de la grille salariale se sont retrouvés sous le Smic dès le 1er janvier, faute d’accord. Depuis, les réunions se succèdent pour caler à chaque fois les minima juste au-dessus du salaire minimum.
«Jusqu’en 2022, on avait réussi à obtenir une grille de salaires à peu près équilibrée. Notre crainte était qu’on la tasse à nouveau en augmentant davantage les premiers échelons et moins les autres…», explique Stéphanie Prat-Eymeric, secrétaire fédérale de la FGTA-FO, syndicat de salariés majoritaire dans la coiffure (40%).
Un premier accord a été signé le 14 février, actant une hausse moyenne de 5%, mais le Smic a été de nouveau revalorisé en mai, pour la troisième fois depuis octobre 2021, puis le 1er août. Suspendues par l’intersyndicale fin juin, les négociations ont repris le 28 septembre. Sans succès jusque-là.
Tous les échelons au-dessus du Smic
Entre-temps, la hausse des prix à la consommation a de nouveau accéléré en octobre, à +6,2% sur un an, après deux mois de ralentissement. Et l’accord salarial signé pour la branche esthétique a été étendu le 19 octobre, ce qui a provoqué quelques grincements de dents chez les coiffeurs, qui ne voyaient rien venir pour leur profession. Bref, la pression est montée d’un cran.
Mercredi dernier, les partenaires sociaux se sont à nouveau réunis, en commission mixte paritaire, c’est-à-dire en présence d’un représentant du ministère du Travail, à la demande des syndicats de salariés. Et cette fois, les négociations ont été plus efficaces. Tous les échelons sont désormais au-dessus du Smic. «La proposition est proche de ce que l’on demandait. Il y a un effort qui est consenti, significatif, et du coup, c’est très positif», se félicite Aurélie Flisar, secrétaire nationale à la Fédération des services de la CFDT.
«La grille, au niveau de la moyenne, c’est-à-dire tous les échelons confondus, est à +4,54%, mais ce n’est pas linéaire : les premiers échelons ont été augmentés de plus de 6%», reconnaît-on toutefois chez Force ouvrière. Une augmentation suffisante, selon les parties prenantes, pour absorber la hausse du Smic qui interviendra le 1er janvier.
Absorber la hausse des salaires
Effet de rattrapage oblige, après quatre ans de statu quo, au point qu’Élisabeth Borne avait pressé les professionnels de la coiffure de revoir leur grille salariale, quand elle était ministre du Travail, le premier échelon a fait un bond de 1 534 à 1 720 euros dans l’année, soit +12%.
Pour autant, ouvert à la signature jusqu’au 4 novembre, l’accord ne sera pas applicable immédiatement. La procédure d’extension, qui consiste, pour le gouvernement, à le rendre applicable à tous les salariés du secteur, peut prendre plusieurs mois.
D’ici là, l’inflation ne s’arrêtera pas… «La question, c’est comment on répercute cette hausse des charges auprès des consommateurs. Je pense que, indéniablement, les salons vont devoir augmenter leurs tarifs. Ce n’est pas possible autrement», anticipe Christophe Doré. Reste un levier pour les organisations patronales : les allégements de cotisations.



