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Coiffure : « On anticipe la revalorisation du Smic qui aura lieu en janvier »

NEGOCIATIONS SALARIALES DANS LA COIFFURE

Les négociations salariales dans la coiffure, suspendues par l’intersyndicale fin juin, vont reprendre le 28 septembre. Pour Stéphanie Prat-Eymeric, secrétaire fédérale de la FGTA-FO (40,5% de représentativité chez les salariés), l’inflation complique la donne.

Stéphanie Prat EymericProfession bien-être : Les négociations salariales ont été suspendues par l’intersyndicale en juillet dernier. Le 28 septembre, il y aura une nouvelle réunion paritaire. Vous pensez pouvoir trouver un accord avec le patronat comme en février ?

Stéphanie Prat-Eymeric : On espère. Au début de l’année, on avait trouvé une issue et, donc, signé un accord le 14 février. De mémoire, on avait déjà quatre échelons sous le Smic. On partait de très bas, puisque rien n’avait été approuvé depuis quatre ans. Notre objectif était alors d’avoir une augmentation par rapport à l’inflation constatée depuis 2018 et d’éviter un retassement de la grille, qu’on avait allégée auparavant, pour qu’il y ait vraiment des différences entre un coiffeur qui a le CAP, celui qui a le brevet, celui qui a plus d’autonomie dans le salon, etc. Les organisations patronales ont fait l’effort de prendre en considération ce dernier critère. De ce fait, on a signé.

Nous traversons une année exceptionnelle, qui a vu le Smic revalorisé trois fois depuis le 1er janvier. Vous comptez donc faire la même demande ?

Oui, car les trois ou quatre premiers échelons conventionnels sont encore inférieurs au salaire minimum légal. On pense qu’il faut, non seulement tenir compte de l’inflation, mais aussi aller au-delà, de façon à ce qu’en décembre ou janvier, on ne soit pas à nouveau rattrapés par la hausse des prix. On anticipe, en fait, la revalorisation qui aura lieu en janvier.

Le président de l’Unec, Christophe Doré, que nous avons interrogé au salon MCB, estime que les employeurs, après deux ans de crise sanitaire, ont aujourd’hui de faibles marges de manœuvre pour augmenter les salaires. Que lui répondez-vous ?

Pour Force ouvrière, j’ai émis quelques pistes sur lesquelles on pourrait aller. La prioritaire reste quand même le salaire et le pourcentage appliqué à cette négociation. Mais, selon la réponse obtenue, on pourrait regarder aussi en fonction de la part variable qui existe déjà. Les organisations patronales nous proposaient 5% sur la revente de produits, en faisant rentrer cette mesure en obligation conventionnelle. Mais 5%, ce n’est pas suffisant.

Pourquoi ?

Parce que les salons qui pratiquent déjà ce taux, sans qu’il y ait d’obligation conventionnelle, sont déjà à 10%. Donc, si le patronat va sur ce sujet, à un moment donné, il faudra qu’il accepte un variable entre 10 et 15%.

S’ils n’ont pas des marges suffisantes, les salons ne seront-ils pas obligés d’augmenter leurs tarifs pour revaloriser les revenus de leurs salariés ?

On n’a pas à interagir sur les tarifs, mais sans une augmentation, la variable d’ajustement sera forcément la masse salariale. Et ça, ce n’est pas possible. D’autant qu’aujourd’hui, on est en pénurie de salariés. On ne comprend d’ailleurs pas la logique. D’un côté, les organisations patronales nous disent que les salons n’arrivent pas à recruter, alors qu’on forme encore beaucoup d’apprentis, et, de l’autre, ils ne revoient pas leurs tarifs à la hausse pour financer leur développement… Résultat, les salariés sont sous pression. C’est la course, du matin jusqu’au soir. Ce n’est plus le métier qu’ils ont choisi, souvent par passion. La coiffure, ce n’est pas juste couper des cheveux. Il y aussi le service, le côté relationnel avec la clientèle.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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