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Minima sous le Smic : l’esthétique dans les clous, la coiffure mise à l’index

MINIMA SOUS LE SMIC

La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a demandé aux professionnels de la coiffure de revoir leur grille salariale. Fin décembre, sur la quarantaine de branches dont les minima étaient inférieurs au Smic, un tiers avait conclu des accords en un temps record.

Sur la quarantaine de branches qui avaient des minima en dessous du Smic avant la revalorisation automatique du 1er octobre et appelées par le gouvernement à négocier, «environ un tiers» ont des minima conventionnels «au moins égaux au Smic», a fait savoir Élisabeth Borne, à l’issue d’une réunion avec les représentants de ces branches, le 16 décembre, citant notamment l’esthétique (57 400 salariés), l’intérim ou l’hôtellerie-restauration.

En revanche, la situation reste bloquée dans la coiffure (106 000 salariés), où «le dialogue social apparaît clairement défaillant», comme dans les grands magasins ou le bois négoce, a ajouté la ministre, invitant les partenaires sociaux à «faire preuve de responsabilité» et prévoyant un «suivi rapproché».

Dans la coiffure, cinq ou sept coefficients selon les grilles applicables sont encore sous des niveaux inférieurs au Smic, indique Ouest-France. Pour Elisabeth Borne, «c’est d’autant plus incompréhensible » que les emplois concernés «ne souffrent d’aucune concurrence internationale». Pas question, donc, d’accorder une baisse de la TVA, en contrepartie de hausses de salaires, ni de jouer sur les cotisations patronales.

«Le ministère rappelle d’ailleurs que sur les bas salaires, omniprésents dans le secteur, [les cotisations patronales] sont déjà très faibles», poursuit Ouest-France. Le sujet est brûlant pour la profession, d’autant que l’inflation et la pénurie de main d’œuvre ont remis la question des rémunérations sur la table. Interrogé par Biblond, en novembre, Franck Provost, le président du Conseil national des entreprises de coiffure (Cnec), estimait que la moyenne des salaires n’était «pas inférieure à beaucoup d’autres emplois».

« Il n’y a pas que le salaire »

Une position que ne partagent pas les syndicats de salariés. «Il n’y a pas que le salaire, il y a aussi la vie personnelle qui entre en jeu, parce que pour gagner le Smic, aujourd’hui en coiffure, il y a beaucoup d’heures de travail effectuées, il n’y a jamais de samedi…», a expliqué sur BFMTV Stéphanie Prat Eymerick, secrétaire fédérale de la FGTA Force ouvrière. «Cette syndicaliste aimerait voir les salaires augmenter d’au moins 2%. Les syndicats patronaux, eux, plafonnent pour l’instant leur proposition à 0,5%», indique-t-on sur le site de la chaîne.

Les négociations sont donc loin d’être terminées. De plus, avec la nouvelle hausse automatique prévue au 1er janvier (+0,9%), 22 nouvelles branches vont s’ajouter à celles ayant un coefficient inférieur au Smic, a précisé le ministère du Travail. À ce jour, 63 branches, soit 36,8% des 171 branches suivies (4,7 millions de salariés), disposent d’une grille intégralement conforme. A l’inverse, 108 branches, soit 63,2% (près de 6,6 millions de salariés), ont une grille comportant au moins un coefficient inférieur au Smic, selon le bilan du ministère, relayé par l’AFP.

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