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Fin du quota spécifique d’apprentis : des retombées trop tardives

Quota d'apprentis en coiffure

Si les coiffeurs peuvent accueillir depuis fin août plus d’apprentis dans leurs salons, la mesure ne produira vraiment ses effets que dans plusieurs années, s’inquiètent les professionnels. 

Depuis trois mois, les maîtres d’apprentissage coiffeurs peuvent accueillir, en même temps, dans une entreprise ou un établissement, deux apprentis et un apprenti redoublant dont la formation est prolongée en cas d’échec à l’examen. L’arrêté paru au Journal officiel le 26 août a été accueilli avec soulagement par le secteur.

En effet, si l’on intègre les contrats de professionnalisation, les alternants représentent 17% de l’emploi salarié dans le secteur sur près de 110 000 salariés. Pas étonnant, dans ces conditions, que les professionnels attendaient depuis longtemps cette mesure. Mais ils savaient aussi que ses effets ne seraient pas immédiats.

«En 2013, le président de la République, François Hollande, cesse les aides aux entreprises pour les apprentis. Il faut entre 5 et 7 ans pour former un jeune. Cinq ans après, à partir de 2018, on est en rupture. Pourquoi ? Parce qu’on a moins formé d’apprentis à ce moment-là. C’est un drame», déclarait en septembre Christophe Doré, le président de l’Union des entreprises de coiffure, auprès de Profession bien-être.

Aujourd’hui, l’inquiétude demeure. Interrogé par Le Télégramme, Patrick Cochereau, à la tête de l’Unec Bretagne, enfonce le clou : «Il faudra encore attendre cinq ans pour en voir concrètement les effets», c’est-à-dire le «temps de formation nécessaire avant que de nouveaux diplômés n’arrivent sur le marché du travail», estime-t-il, alors que 10 000 emplois restent non pourvus en France.

Dynamiser la politique tarifaire ?

Autres problèmes : il n’y a pas assez de maître de stage et le nombre de places disponibles dans les entreprises n’est pas infiniment extensible… «Nous employons déjà quatre apprentis à l’année, et nos quatre maîtres de stage ne pourront guère en prendre davantage si l’on veut rester en mesure de bien les former», explique ainsi Théo Brehier, son codirigeant du salon Marc Thouvard, à Brest, cité par Le Télégramme.

Si la mesure, très attendue par la profession, était nécessaire, elle n’est donc pas suffisante pour redonner de l’attractivité au métier. Depuis la rentrée, la question de la hausse des salaires est sur toutes les lèvres. Non sans créer quelques crispations chez les patrons de salons. «Dans un secteur où le poids de la masse salariale se situe aux alentours de 47 %, c’est aussi la politique tarifaire qu’il faudrait redynamiser», insiste Patrick Cochereau, comme l’évoquait Franck Provost auprès de Biblond.

Mais le débat risque d’être épineux, au moment où, à l’approche de l’élection présidentielle, le pouvoir d’achat arrive loin devant la santé, l’immigration, la sécurité et l’environnement, selon un sondage Odoxa publié cette semaine. Reste… la baisse de la TVA pour les coiffeurs, vieille revendication de la profession. Mais pas vraiment, pour l’instant, dans les priorités de Bercy.

En juillet, la réponse du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, rapportée par Le Particulier, n’a laissé plané aucun doute : «L’incitation économique par des baisses des taux de la TVA est peu efficace, comme le soulignait le conseil des prélèvements obligatoires en 2015, alors même que leurs conséquences pour les finances publiques sont très importantes».

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