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Au BS Congress, les professionnels de la beauté s’essayent au speed dating

BS CONGRESS

Deux fois par an, lors du BS Congress, organisé par Standing Events (salon MCB), des directeurs d’enseignes de coiffure ou d’esthétique rencontrent des fournisseurs dans des tête-à-tête chronométrés. Deux jours pour faire sauter les verrous. Reportage.

Prenez plus d’une centaine de dirigeants d’enseignes de coiffure ou d’esthétique, autant de représentants de marques de beauté, et laissez-les se rencontrer, en one-to-one mais pas seulement, pendant deux jours, et vous aurez la recette du BS Congress, qui s’est tenu les 23 et 24 juin derniers.

Pour sa 7e édition, cette nouvelle version de «speed dating» (rencontre express), lancée par Standing Events, l’organisateur des salons MCB et Beauté Sélection, a fait le plein à Deauville, dans un cadre ultra professionnel, malgré le soleil et la plage à une centaine de mètres du Centre international, et haut de gamme – les participants étaient logés à l’Hôtel Le Normandy.

La formule, largement utilisée pour le recrutement depuis une vingtaine d’années, a de quoi séduire les enseignes de beauté, lassées des grands salons un peu fourre-tout. Ici, pas de place à l’improvisation. Les rendez-vous sont pré-enregistrés et tout est minuté. «Le principe est simple. Ce sont deux jours complets de networking pour permettre aux dirigeants de rencontrer leurs pairs et pouvoir échanger avec des marques», résume Christophe Gabreau, le patron de Standing Events.

Chaque participant doit s’inscrire à dix entretiens de vingt minutes. Pas question de déborder : une cloche retentit à la fin de chaque rendez-vous… «Je suis en recherche d’appareils et j’ai découvert plein de choses intéressantes, comme la purification de l’air, importante dans nos métiers, comme les ongles, ou encore des serviettes jetables et recyclables, qui peuvent remplacer des draps de bain», se réjouit Marilyn Feuillette, qui a lancé le réseau d’instituts de beauté Qipao.

Faire le plein d’informations avant de signer

La différence avec un grand salon ? «Il n’y a que des entrepreneurs, les rendez-vous sont plus intimes, extrêmement professionnels. C’est très ciblé !», poursuit l’esthéticienne. Mais les participants ne sont pas là pour faire uniquement du business. Entre deux rencontres, ils peuvent aussi assister à des conférences pointues sur le développement durable, l’intelligence artificielle ou encore la fidélisation.

«Je suis ressorti avec plein d’informations sur les nouvelles versions de logiciels de management et ça va me permettre de creuser le sujet sans me précipiter, avant de prendre une décision commerciale», renchérit Aude Livoreil-Djampou, la fondatrice des salons Studio Ana’e. L’astuce, c’est de ne pas se tromper de fournisseurs…

«Nous n’avons pas du tout les mêmes problématiques qu’une enseigne de coiffure ou d’esthétique. Pour moi, le plus intéressant, c’est tout ce qui se passe en dehors des rendez-vous organisés», relève Salomé Dubbé, vice-présidente de Ieva Beauté (Atelier du sourcil). Car le véritable intérêt, on l’aura compris, est ailleurs.

«On a plein de temps en dehors des 20 minutes. Il est impossible de ne pas rencontrer quelqu’un au moins dix fois pendant les deux jours. Si vous avez envie d’aller plus loin, vous avez largement la possibilité de faire connaissance», assure le coach Jean-Christophe Robelot. Les participants y trouvent une nouvelle forme de convivialité professionnelle.

«C’est quelque chose qu’on fait très rarement. Les coiffeurs n’ont pas le temps d’écouter le commercial qui vient dans leur salon», relève l’expert coiffeur. Sur place, les barrières se lèvent. Le soir, un dîner réunit tout le monde au casino de Deauville et, pendant le cocktail, les participants dégainent leurs cartes de visite. «Des patrons qui ont 300 salons de coiffure vont être tout d’un coup très accessibles, très humbles, et montrer qu’ils ont les mêmes préoccupations qu’un coiffeur qui n’a qu’un seul salon», constate Salomé Dubbé.

Rompre l’isolement des professionnels

Pour autant, il ne s’agit pas de courir après les contrats. «L’idée, c’est de faire le tour des intervenants de qualité et de les contacter la semaine suivante pour discuter plus en détail», anticipe Aude Livoreil-Djampou, également venue pour parler de la diversité capillaire, avec Aline Tacite, fondatrice du salon Boucles d’ébène, à Bagneux (Hauts-de-Seine), et Christophe Doré, président de l’Unec. 

Bref, si l’initiative séduit, c’est qu’elle comble aussi un vide. L’isolement des professionnels est un thème qui revient tout le temps sur la table. Et l’événement, conçu pour les rapprocher, y apporte une réponse. Une aubaine pour les marques – Ikosoft, Yumi, Guinot, Revlon, Vitality’s, Wella, L’Oréal Professionnel, Schwarzkopf… -, qui y trouvent un intérêt évident.

Avec la certitude, au final, d’obtenir des retours plus intéressants que dans les salons traditionnels. «Le BS Congress nous permet de rencontrer en tête-à-tête des prospects qualifiés. C’est la raison pour laquelle nous y revenons chaque année. Ces rendez-vous sont entrecoupés de moments conviviaux, qui encouragent un networking efficace», fait valoir José Flotats, le fondateur de Corpoderm, l’une des plus grosses entreprises du secteur esthétique.

Bâtir un nouvel écosystème dans la beauté

Il n’en fallait pas plus à Christophe Gabreau pour pousser l’expérience plus loin. «On a créé le BS Club, qui permet à des dirigeants d’enseigne ou à des marques de se retrouver et d’échanger leurs expériences. Cinq fois par an, ses membres – ils sont aujourd’hui une soixantaine – réfléchissent à la vision de ce que sera le marché de demain», détaille le président de Standing Events.

Au programme, des idées mais aussi des action communes. «On va travailler sur le rayonnement, le financement, le développement des salons, leur transmission, etc.». À la clé, l’objectif est de créer une sorte de think tank de la coiffure et de l’esthétique. Une plateforme de crowdequity pourrait ainsi voir le jour pour aider les entrepreneurs à financer leurs projets.

«Nous avons aussi l’ambition de lancer le premier label en France tenu par toute la profession de la beauté. Nous avons les mêmes valeurs et nous allons les partager», promet Jean-Christophe Robelot, cheville ouvrière du projet. De quoi bâtir un véritable écosystème autour de la beauté. Mais cette fois, loin du «tic-tac, tic-tac» du speed dating, les projets se construiront, ici, sur la longue durée. Prochain BS Congress : les 22 et 23 septembre, à Cannes.

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