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En Chine, une quête effrénée de chirurgie esthétique dès l’adolescence

Chirurgie esthétique

L'explosion de la chirurgie esthétique chez les jeunes Chinois révèle un glissement profond : sous l'effet des réseaux sociaux, l'apparence devient un capital, au prix parfois lourd d'opérations répétées et d'une pression constante à la transformation.

En Chine, la course à l’apparence parfaite commence souvent avant même l’âge adulte. À seulement 14 ans, Abby Wu franchissait pour la première fois les portes d’un bloc opératoire, poussée par sa mère avec ces mots : «Sois courageuse et entre», «Tu seras jolie quand tu sortiras»… Deux décennies plus tard, l’influenceuse chinoise, aujourd’hui âgée de 35 ans, revendique plus de 100 opérations de chirurgie esthétique, raconte Le Parisien. 

«Je ne crois pas que j’arrêterai un jour de vouloir être plus belle», a-t-elle confié à la BBC, soulignant une dynamique sans fin. Sa trajectoire est emblématique d’une obsession croissante pour l’amélioration permanente de l’apparence. Car l’industrie de la chirurgie esthétique en Chine connaît une croissance vertigineuse, souligne notre confrère. 

Chaque année, près de 20 millions de personnes franchissent le cap d’une intervention, dont 80% sont des femmes âgées en moyenne de 25 ans. Cette demande massive a entraîné l’ouverture rapide de cliniques spécialisées, y compris de nombreux établissements non agréés.

CHIRURGIE ESTHÉTIQUE
La rhinoplastie ratée de Gao Liu.

Le revers de cette expansion s’est illustré en 2021 par le témoignage choc de l’actrice Gao Liu. Après une rhinoplastie ratée, elle avait publié sur Weibo des photos de son nez nécrosé, devenues virales. Un rappel brutal des risques associés à un secteur en pleine effervescence mais encore insuffisamment encadré.

Les réseaux sociaux dictent les standards

Dans cette ruée vers l’apparence idéale, les réseaux sociaux jouent un rôle déterminant. Les jeunes Chinoises sont de plus en plus nombreuses à chercher à ressembler aux personnages de dessins animés, avec de grands yeux et un visage affiné, dans une quête standardisée de beauté, poursuit Le Parisien. 

Des influenceuses, souvent en partenariat avec des cliniques esthétiques, promettent à leurs abonnées de les rendre «belles», amplifiant encore la pression. Certaines applications comme SoYoung et GengMei poussent la logique plus loin : en détectant automatiquement les «imperfections faciales» grâce à des algorithmes, elles recommandent aux utilisateurs des interventions chirurgicales à réaliser dans les cliniques partenaires.

Chaque année, près de 20 millions de personnes franchissent le cap d’une intervention esthétique en Chine. 

Les standards irréalistes véhiculés par les réseaux sociaux poussent toujours plus de 18-34 ans à recourir aux interventions. En France, cette tranche d’âge est devenue, dès 2019, la deuxième population ayant le plus recours à la chirurgie esthétique. Mais face à l’explosion de la demande, les États peinent à encadrer ce marché. Le Royaume-Uni a récemment interdit les publicités pour la chirurgie du «Brazilian Butt Lift», omniprésentes sur les plateformes, rappelle Le Parisien, mais de nombreuses pratiques promotionnelles échappent encore à toute régulation.

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