Vieillissement cutané prématuré, cancers de la peau, lésions irréversibles : les effets de l’exposition solaire sans protection sont bien connus. Le photovieillissement et le mélanome en sont les manifestations les plus visibles, et les plus graves. Pourtant, malgré les campagnes de prévention répétées, le message ne passe pas toujours, en particulier auprès des jeunes générations.
«Le mélanome est l’un des cancers les plus préventibles, pourtant les messages contre les dangers du soleil et le vieillissement précoce de la peau suite aux expositions sans protection ne s’impriment pas assez auprès notamment des jeunes qui seront confrontés à l’augmentation des taux d’ensoleillement», déplorait récemment Pascale Benaksas, présidente de France asso cancer et peau (FACP), citée dans un communiqué du groupe de dermo-cosmétique.
Pour y remédier, Pierre Fabre et Eau Thermale Avène misent désormais sur une nouvelle approche : MySun Experience, une simulation prédictive et personnalisée qui entend transformer la sensibilisation au vieillissement solaire en expérience concrète.
Une technologie fondée sur des données robustes
Ce qui distingue MySun Experience d’une application grand public ou d’un simple filtre d’âge en réalité augmentée, c’est sa base scientifique, explique Pierre Fabre. Au cœur de cette innovation se trouve un modèle prédictif avancé, conçu par la start-up française Data Ora, spécialisée en intelligence artificielle appliquée à la santé et à la prévention.
Les données comportementales proviennent de l’étude ALL, qui a recueilli les habitudes de protection solaire de 50 000 participants dans 20 pays. Les données climatiques, elles, s’appuient sur les projections du Giec, ce qui permet d’intégrer l’intensification attendue du rayonnement UV dans certaines zones du globe et de moduler ses prédictions en fonction de la localisation de l’utilisateur.
Enfin, les données médicales sont issues des registres de prévalence des cancers cutanés compilés par GLOBOCAN, plateforme internationale de référence en épidémiologie des cancers. À partir de cette base croisée, l’algorithme évalue le vieillissement cutané lié au soleil, en intégrant une série de paramètres.
Une simulation personnalisée et pédagogique
«L’algorithme est construit sur des facteurs identifiés, dans des publications scientifiques comme l’âge, le sexe, le phototype, la latitude, les heures d’exposition, l’utilisation de protection solaire … Il est capable pour la première fois de prédire le vieillissement cutané lié au soleil», résume Jonathan Serafini, fondateur de Data Ora.
Un changement de paradigme, donc, dans la manière de sensibiliser à la photoprotection : au lieu de messages généraux ou culpabilisants, MySun Experience propose une visualisation tangible, ancrée dans la réalité individuelle, et potentiellement plus marquante.
Gauthier Doat, directeur médical d’Avène, confirme cette ambition à long terme : «Ce n’est qu’un début, car nous envisageons d’ores et déjà d’enrichir le modèle avec d’autres facteurs en partenariat avec des spécialistes dermatologues, afin de prédire les mécanismes du vieillissement en jeu pour y répondre de manière plus individuelle».
D’ores et déjà, l’impact est chiffré. Selon les projections à 15 ans, l’application correcte d’un SPF 30+ pourrait réduire le photovieillissement de 6 ans pour une Française de 24 ans à la peau claire, de 4 ans pour un Allemand de 30 ans, ou encore de 7 ans pour une Mexicaine de 45 ans à la peau mate. Lancement : le 30 avril.
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