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Ménopause : un marché en plein essor dans les pharmacies

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Longtemps taboue, la ménopause s’invite désormais en pharmacie. Le marché explose, porté par une offre en plein essor et une demande croissante. Compléments alimentaires, formules innovantes, nouvelles galéniques… Zoom sur une tendance qui s’accélère.

La ménopause n’est plus un secret bien gardé. Portée par la libération de la parole des femmes, elle s’impose aujourd’hui comme un sujet légitime dans l’espace public. Réseaux sociaux, médias, célébrités… La prise de conscience est en marche, bousculant les anciens silences. 

Désormais, les femmes osent en parler, et les professionnels de santé s’adaptent. En officine, les pharmaciens, autrefois réticents à aborder le sujet, prennent part à cette évolution. «Les femmes osent en parler au comptoir et, de leur côté, les pharmaciens sont eux aussi plus à l’aise ; ils ont moins l’impression de gêner leurs patientes en les interrogeant», explique Laurent Simon, directeur général de Vitavea (groupe Havea), au Moniteur des pharmacies, qui consacre un dossier à ce sujet.

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Une explosion du marché en officine

Cette nouvelle visibilité transforme en profondeur le marché. En quelques années, l’offre a littéralement explosé. Restructuration des gammes, lancements de produits dédiés, mise en avant en tête de gondole… La ménopause s’affiche désormais en pharmacie. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : +7,5 % de croissance en valeur, 14 millions de femmes concernées en France. Plus une offre est visible, plus elle crée de la demande, analyse Nicolas Grélaud, directeur général d’OpenHealth Company, cité par le journal. 

Les pilules ont pris le dessus : avec 78,7% de parts de marché, les compléments alimentaires dominent largement le segment de la ménopause, reléguant les médicaments à 20,6%. La raison ? Le rejet persistant des traitements hormonaux, accusés de favoriser certains cancers. Résultat, les femmes se tournent vers des alternatives naturelles, sans phytohormones, jugées plus sûres et mieux tolérées.

Dans ce marché en plein essor, quelques laboratoires tirent leur épingle du jeu. Sérélys Pharma s’impose en tête avec 15,2% de parts de marché, suivi de près par NHCO Nutrition (13,3%) et Bouchara Recordati (11,5%). Côté produits, la tendance est la même : Climax Ménopause, Abufène et Manhaé Ménopause figurent en haut du podium.

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Ménopause : des formules qui s’adaptent

Les laboratoires réinventent leurs formules. Finis les phyto-œstrogènes et isoflavones de soja, dont la popularité s’effrite face aux préoccupations de santé. Désormais, les marques misent sur des formules adaptées aux femmes avec antécédents médicaux, excluant tout ingrédient controversé.

Exemple : Ménocia Bouffées de chaleur (laboratoire CDD) a été reformulé en 2024. Exit le soja, place aux extraits d’ashwagandha, de safran et de vitamines B. Un pari gagnant : le produit décroche le titre de «Meilleur produit Pharma 2025», attribué par un jury de consommatrices, avec 82% des utilisatrices rapportant une amélioration de leurs symptômes. 

Même approche chez Nutergia, qui a supprimé son ancien Ergyflavone pour proposer deux alternatives : avec ou sans phyto-œstrogènes, selon les préférences des consommatrices. C’est aussi, pour les compléments alimentaires, l’occasion de se refaire une image. Plus besoin d’avaler des gélules fades et austères : les gummies, des «bonbons» vitaminés, séduisent un nouveau public. Plusieurs marques surfent sur cette tendance, comme Manhaé Ménopause Gummies (Vitavea), Mium Lab ou Santarome.

Bref, la ménopause est de moins en moins un marché de niche. Avec une croissance annoncée sur cinq ans, il s’inscrit dans une dynamique durable. À l’échelle mondiale, il devrait atteindre 24,4 milliards de dollars d’ici 2030. Un potentiel immense qui pousse les laboratoires à innover et à élargir leur offre.

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