Alors que près de 500 000 femmes entrent en ménopause, environ 87% souffrent d’au moins un symptôme durant cette phase de transition hormonale : bouffées de chaleur, fatigue, sécheresse vaginale, troubles de l’humeur… Des symptômes particulièrement handicapants sur leur qualité de vie, en plus de l’arrêt des règles, pour 20 à 25% d’entre elles, souligne l’étude que vient de publier Les Echos Études, en partenariat avec Gers Data.
Face à cette situation, le besoin d’information et de soutien est de plus en plus pressant. Neuf Français sur dix estiment qu’il serait utile de mettre en place une consultation gratuite dédiée aux femmes de plus de 45 ans, afin de mieux les informer et les accompagner durant cette phase de leur vie. Les gynécologues et médecins généralistes sont identifiés comme les professionnels de santé les mieux placés pour assurer cet accompagnement.
La parole se libère aussi autour de la ménopause. Les femmes s’expriment plus librement sur leurs expériences, encouragées par les prises de parole de personnalités publiques et par l’essor des réseaux sociaux. Des initiatives comme les podcasts «La fin des règles» ou «Allez j’ose», des blogs et des livres ont vu le jour, offrant une plateforme où les femmes peuvent partager leurs témoignages et trouver du soutien, relève l’étude.
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Les moteurs du marché de la ménopause
De nouveaux comportements de santé se dessinent chez les femmes confrontées aux effets de la ménopause. Face à la défiance croissante envers les traitements hormonaux, beaucoup se tournent désormais vers des solutions naturelles, poursuivent les Echos Études. Compléments alimentaires, cures bien-être ou encore médecines douces prennent une place de plus en plus importante dans leur démarche de soin. Ces pratiques offrent une alternative respectueuse de leur corps tout en répondant à leurs besoins spécifiques.
Par ailleurs, certaines entreprises commencent à intégrer la ménopause dans leur politique de ressources humaines. Prenant conscience des enjeux liés à la santé de leurs salariées, elles proposent des accompagnements dédiés. Pour autant, 24% des femmes (dont 35% de femmes pré-ménopausées) considèrent encore que la ménopause peut avoir des conséquences négatives sur leur évolution de carrière. Leur principale crainte provient du risque de discrimination, suivi du refus de promotion.
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Des opportunités encore sous-exploitées
Entre 2022 et 2024, le marché des produits dédiés à la gestion des symptômes de la ménopause a progressé de 18,4%, atteignant 23,4 millions d’euros cette année. Les compléments alimentaires, en particulier, représentent une part importante de cette expansion, avec une croissance de 9% sur un an dans les officines.
Selon l’étude, cette dynamique témoigne de l’intérêt croissant des femmes pour des solutions naturelles et non hormonales. Des entreprises comme Havéa, avec sa gamme Manhaé Ménopause, ou Sérélys Pharma, jouent un rôle important sur ce marché en plein essor.
Malgré cette croissance prometteuse, son évolution reste freinée par plusieurs obstacles, poursuivent les auteurs de l’étude. D’abord, les professionnels de santé, souvent peu sensibilisés aux spécificités des symptômes de la ménopause, ne proposent pas toujours des solutions adaptées. Ensuite, le nombre de médecins formés à ces problématiques reste insuffisant, ce qui limite l’accès à des soins appropriés.
Enfin, des obstacles culturels et financiers persistent. Le tabou autour de la ménopause continue de freiner sa prise en compte dans les discussions de santé publique. Quant aux solutions naturelles, bien que de plus en plus populaires, elles ne sont pas remboursées, ce qui peut restreindre leur accès pour certaines femmes, limitant ainsi le plein potentiel de ce nouveau marché.
« Le marché de la ménopause », Les Echos Études, septembre 2024.
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