L’an dernier, les agents de la répression des fraudes ont fait une belle moisson : contrôles renforcés, anomalies en série et manquements graves épinglés dans l’univers des cosmétiques. Selon le bilan d’activité 2024 de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), 90 alertes liées à des cosmétiques, dispositifs médicaux et produits d’hygiène jugés non conformes ou dangereux, ont été recensés.
Sur les 78 établissements inspectés, plus de 8 sur 10 présentaient des anomalies. Parmi les manquements les plus graves, l’absence de contrôle microbiologique des produits finis a conduit à l’émission de procès-verbaux. Depuis le 1er janvier 2024, la répression des fraudes assure seule le contrôle des entreprises fabriquant et conditionnant des cosmétiques, une mission qu’elle exerçait auparavant avec l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).
«La montée en compétence des enquêteurs a été une priorité. Ils connaissaient déjà les questions de loyauté et d’allégations. Ils ont été formés aux bonnes pratiques de fabrication pour pouvoir mieux contrôler cet aspect», souligne Vanessa Picot, chargée des produits cosmétiques au bureau des produits et prestation de santé à la DGCCRF.
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SignalConso, en première ligne des alertes
Le bilan annuel a aussi mis en lumière l’action conjointe menée le 16 octobre 2024 par la DGCCRF, l’Anses et la DGS, qui a alerté sur les risques des produits capillaires lissants à base d’acide glyoxylique, après plusieurs cas d’insuffisance rénale aiguë signalés. Pour mener ses contrôles, la DGCCRF s’est appuyée sur sa plateforme SignalConso, qui a franchi le cap du million de signalements depuis sa création, il y a cinq ans.
En 2025, les inspecteurs du ministère de l’Economie renforceront la surveillance du marché, en particulier le contrôle des dossiers des fabricants avant toute mise sur le marché. Elle suivra aussi l’examen des demandes de certificats de conformité aux bonnes pratiques de fabrication pour l’exportation des cosmétiques.
«Nous allons développer la coopération avec la Direction générale de la santé et l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Nous allons aussi travailler avec les professionnels sur des axes d’amélioration des pratiques du secteur. Nous allons assurer la délivrance des certificats nécessaires pour l’export», précise Vanessa Picot.
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