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Acupuncture : décryptez son langage symbolique

Yin-yang, méridiens, cinq éléments… L’acupuncture est une pratique médicale traditionnelle chinoise qui remonte à plus de 2 500 ans, avec ses concepts et sa symbolique, inspirés du taoïsme et du confucianisme. Décryptage. 

Inutile de chercher dans la médecine traditionnelle chinoise (MTC) un ensemble de recettes miracles, distillées par des gourous en mal de notoriété, dont les «conseils» servent surtout leur compte en banque. Car la MTC renvoie d’abord à une vision du monde, de la vie, de l’homme, en nous offrant une lecture originale du corps humain. 

L’acupuncture en fait partie, avec le massage, la diététique, la phytothérapie ou encore le qi gong, cette gymnastique ancestrale chinoise. Elle s’appuie aussi sur des concepts-clés tels que les cinq éléments, le yin et le yang, les méridiens et l’énergie vitale qui circule dans le corps. Bref, en parler, c’est aussi plonger au coeur d’un univers dépaysant, bien éloigné de notre approche mécaniste du vivant.

Les cinq éléments

Selon la théorie des cinq éléments, chaque organe et chaque fonction du corps est lié à l’un des cinq éléments – l’eau, le bois, le feu, la terre et le métal  -, ainsi qu’à une saison. L’ensemble forme alors un système auto-régulé, où chaque élément contrôle le fonctionnement des quatre autres. 

Voici le tao, alliance du yin et du yang dans le bon sens de lecture : le yang à gauche, le yin à droite.

Yin et yang

Rien à voir avec le dualisme cartésien, qui renvoie à une conception du corps séparé de l’esprit. Le concept des deux forces complémentaires, que sont le yin et le yang, est un peu plus subtile que celui du sujet désincarné de Descartes : il nous suggère que s’il existe, en nous-même, deux forces contraires, cette opposition est relative et réversible, un peu comme un échange perpétuel. De force égale, le yin et le yang interagissent en permanence. Trop de yang entraine du yin, trop de yin provoque du yang. 

Schématiquement, le yin représente les aspects passifs, froids et féminins du corps, tandis que le yang concerne les aspects actifs, chauds et masculins. Sur le plan médical, quand le yin et le yang sont en équilibre, ce qu’on appelle le tai chi, le corps est en bonne santé. À l’inverse, s’il y a un déséquilibre, des maladies peuvent survenir.

Énergie vitale

Du yin et du yang naît le «qi» – prononcez «tchi» -, l’énergie vitale, qui circule librement dans tout l’organisme le long des méridiens. Le «qi»  anime tous les êtres vivants et les processus naturels. Et dans la médecine traditionnelle chinoise, c’est essentiel : la santé est considérée comme un équilibre dynamique entre les différentes énergies et fonctions du corps.

Si la circulation de la force vitale est perturbée, le corps est en déséquilibre, et une série de symptômes et de maladies apparaissent. Ces blocages énergétiques peuvent alors produire des douleurs, des raideurs, des troubles digestifs, des problèmes respiratoires, de la fatigue, de l’anxiété ou de l’irritabilité.

Les méridiens

La médecine chinoise  compte douze méridiens principaux dans le corps humain, chacun associé à un organe. 

Pour la MTC, le corps humain est traversé par un réseau appelés méridiens, qui relient les viscères et les tissus à un ensemble de points d’acupuncture, présents tout au long de ces canaux énergétiques. Il y a douze méridiens principaux dans le corps, chacun étant associé à un organe spécifique.

Il existe aussi des méridiens secondaires, qui se ramifient à partir des méridiens principaux et qui circulent à travers des zones du corps qui ne sont pas directement liées à un organe spécifique. Pour autant, leur importance n’est pas négligeable, car ils contribuent à réguler la circulation de l’énergie dans tout le corps.

Enfin, n’oublions pas les méridiens «curieux», qui constituent un ensemble de huit canaux énergétiques, dont le rôle est d’harmoniser la répartition des énergies dans le corps. On fait notamment appel à ces méridiens pour traiter des problèmes de santé complexe. Parmi eux, le vaisseau Gouverneur, associé à la colonne vertébrale, au crâne et au système nerveux central, et le vaisseau Conception, lié à la fertilité, la reproduction et la digestion.

Le rôle de l’acupuncteur

Pour restaurer circulation du «qi», les acupuncteurs utilisent, en particulier, des aiguilles fines, stériles, non creuses et jetables, pour éviter tout risque d’infection, qu’ils insèrent dans des points précis. Le praticien peut alors les faire tourner ou vibrer pour augmenter la stimulation des points d’acupuncture.

D’autres techniques peuvent aussi être utilisées : des moxas, des bâtons d’armoise brûlés au-dessus des points d’acupuncture, pour les chauffer et stimuler l’énergie (moxibustion), des ventouses, coupes en verre ou en plastique appliquées sur la peau, pour créer un vide et augmenter la circulation sanguine, des saignées, incision de la peau pour libérer du sang et équilibrer l’énergie, ou encore le marteau fleur-de-prunier, utilisé pour frapper doucement les points d’acupuncture et stimuler l’énergie. Enfin, la digitopuncture utilise la pression des doigts pour stimuler les points d’acupuncture.

Ce que soigne l’acupuncture

Selon ses défenseurs, l’acupuncture peut être indiqué pour traiter les douleurs chroniques,  comme le mal de dos ou de dent, les allergies, les troubles digestifs, les migraines, les problèmes du sommeil et les troubles anxieux, voire le sevrage tabagique. En France, sa pratique est toutefois réservée aux professionnels de santé titulaires d’un diplôme de médecine, de sage-femme ou d’infirmier, qui ont, en plus, suivi une formation spécifique à l’acupuncture, sanctionnée par une certification.

LIRE AUSSI : La jurisprudence considère l’acupuncture comme un acte médical

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