Le sourire est en train de devenir l’un des nouveaux terrains d’expression de la beauté. Sous l’influence des réseaux sociaux, de la culture du selfie et d’une valorisation toujours plus forte de l’apparence, la bouche change de statut. Selon Les Échos Études, «elle n’est plus seulement fonctionnelle, mais devient un véritable espace à soigner et à mettre en scène».
La demande explose pour une large palette d’interventions : alignement dentaire, blanchiment, facettes, implantologie, orthodontie adulte… Les aligneurs invisibles, autrefois réservés à un public restreint, se diffusent désormais chez les adultes grâce à leur discrétion et à leur facilité d’usage.
Parallèlement, un écosystème technologique complet se développe autour de la «tooth tech», avec des innovations numériques, des produits spécialisés ou encore des solutions de soins à domicile. Bref, l’esthétique du sourire s’impose comme un prolongement direct du marché de la beauté, combinant bien-être, image personnelle et nouvelles technologies, poursuit l’étude.
Les cabinets traditionnels sous pression
Cette montée en puissance de l’esthétique intervient dans un contexte de transformation rapide du marché dentaire. En 2024, la consommation de soins dentaires a atteint 15,6 milliards d’euros, en hausse de 2,5%, un rythme supérieur à celui observé avant la crise sanitaire.
Un bémol, toutefois : les cabinets libéraux montrent des signes d’essoufflement, observent Les Echos Études. Leurs honoraires progressent plus lentement (+2,3% en 2024 après +3,5% en 2023) et les volumes de soins ralentissent, alors que les centres dentaires poursuivent leur expansion. Ces derniers représentaient déjà 15% des soins dentaires en 2023.
Adossés à des modèles plus rentables, avec des charges d’exploitation plus faibles, ils exercent une pression directe sur les cabinets «traditionnels». Résultat : de nombreux praticiens se tournent vers des actes à plus forte valeur ajoutée, notamment dans l’esthétique. Implantologie, orthodontie, prothèses spécialisées et soins non remboursés deviennent des relais de croissance de plus en plus prisés.
Une médecine dentaire esthétique
«Partout en France, de nouvelles cliniques spécialisées dans le sourire et la médecine dentaire esthétique voient le jour», souligne l’étude. Ces structures regroupent des praticiens qui réorientent leur activité vers des soins non invasifs, comme le blanchiment dentaire, ou mini-invasifs, tels que la réparation de fractures dentaires, la greffe gingivale, la pose de facettes en céramique ou encore le traitement de l’usure et de l’érosion.
Dans certains cabinets, l’offre s’étend même à des techniques proches de la médecine esthétique, à l’image des injections d’acide hyaluronique destinées à redessiner le volume des lèvres. Non remboursées par l’Assurance maladie ou les complémentaires santé, ces pratiques restent néanmoins réservées à une clientèle aisée en raison de leurs tarifs élevés.
Parallèlement, des alternatives plus abordables apparaissent pour les soins non invasifs, notamment le blanchiment dentaire à domicile via des kits vendus en ligne ou en pharmacie, note l’étude. Avec des risques allant de l’inconfort à des atteintes de l’émail ou de la pulpe dentaire.
Pour encadrer ces pratiques, une réglementation a été instaurée en 2011. Les produits de blanchiment contenant entre 0,1% et 6% de peroxyde d’hydrogène sont réservés aux professionnels de santé, tandis que seuls les produits sans peroxyde ou en dessous de 0,1% peuvent être utilisés en bars à sourire ou instituts de beauté. De quoi freiner les ardeurs du marché et rappeler que le sourire ne relève pas d’un simple service cosmétique.
« Marché du sourire et des soins dentaires : les modèles de demain », Les Echos Études, novembre 2025.
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