Directeur scientifique de l’AMWC, un congrès de médecine esthétique et anti-âge qui s’est tenu à Monaco la semaine dernière, le Dr Philippe Kestemont met en garde contre les injections sauvages proposées sur les réseaux sociaux.
Depuis quelques années, un marché parallèle d’injections non-règlementées prospère sur les réseaux sociaux. En janvier, des chirurgiens et médecins esthétiques tiraient la sonnette d’alarme pour dénoncer des opérations illégales et dangereuses, quand elles sont réalisées par des non-professionnels.
L’esthétique réglementée n’est pas épargnée. En mars, l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes signalait au procureur de la République de Lyon des injections d’hyaluronique effectuées par une esthéticienne, tandis qu’un autre cas était également épinglé en Nouvelle-Aquitaine. Des pratiques pourtant interdites, car les techniques de soins qui consistent à injecter des produits cosmétiques sous la peau sont réservées aux médecins.
«Les jeunes s’intéressent à leur image et l’explosion des réseaux sociaux à visée picturale les incite à cultiver leur apparence. Ce phénomène est exponentiel. On ne reviendra pas en arrière. C’est trop énorme. Il faut s’adapter», reconnaît le docteur Philippe Kestemont, médecin et chirurgien esthétique, auprès de Var Matin.
« Russian lips » et « cat eyes »
Selon le directeur scientifique du salon Aesthetic & Anti-aging Medicine World Congress (AMWC), qui s’est déroulé, au Grimaldi Forum (Monaco) du 31 mars au 2 avril, les standards sont désormais les grosses lèvres et les petits nez. Ces piqûres sont évidemment dangereuses quand elles sont réalisées par des non-médecins.
Mais, pour le Dr Philippe Kestemont, les médecins ont aussi leur part de responsabilité. «Ils ont boudé la place des réseaux sociaux, considérant que ce n’était pas éthique. La chaise ne restant jamais vide, les ‘créateurs de beauté’ et autres ‘cosmétologues’ en tous genres fonctionnent comme des réseaux mafieux et proposent leurs services pour des russian lips ou les cat eyes très tendance en ce moment», explique-t-il à Var Matin.



