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Prothésie ongulaire : entre succès fulgurant et enjeux réglementaires

PROTHÉSISTE ONGULAIRE

Le marché de la prothésie ongulaire explose en France, porté par l'engouement des réseaux sociaux et une génération de jeunes entrepreneuses. Mais cette expansion rapide soulève des questions sur la réglementation. 

La prothésie ongulaire connaît une forte popularité en France, au point que les salons spécialisés rivalisent presque en nombre avec les boulangeries, rapporte l’Agence France-Presse. Selon l’Insee, plus de 15 000 entreprises de soins de beauté, dopées par l’engouement pour le nail art, ont vu le jour en 2023, un chiffre record pour le commerce de détail. 

Un exemple : les projets autour de l’ongle présentés en Gironde par de jeunes femmes non diplômées caracolent en tête des demandes de financement, avec les food-trucks et les petites sociétés de multi-services en jardinerie chez les hommes, d’après la branche locale de l’Adie, l’Association pour le droit à l’initiative économique, spécialisée dans le micro-crédit à la création d’entreprise

Installée à Soussans, près de Bordeaux, une petite commune rurale de 1 700 habitants, Jessica Perrin, prothésiste ongulaire, reçoit jusqu’à huit clientes par jour dans son petit salon aménagé dans l’ancien garage de sa maison. «Mais depuis le Covid, c’est plus compliqué, ça a ouvert de partout», observe la jeune femme, mentionnée par l’AFP. Les salons se multiplient dans la région. 

Et pour cause :  se lancer dans cette activité reste accessible. Jessica a investi moins de 5 000 euros pour débuter et vit «confortablement» de son activité. L’essor de cette activité s’expliquerait en partie par la puissance des réseaux sociaux, notamment le «do it yourself» ultra visuel sur TikTok ou Instagram, qui a popularisé cette pratique auprès d’un public jeune, à travers des tutoriels en ligne. 

Vers une professionnalisation accrue

Également citée par l’AFP, Johanna Volpert, enseignante-chercheuse à Kedge Business School, constate que pour ces jeunes entrepreneuses de la génération Z, souvent sans diplôme, le succès repose avant tout sur «le bouche-à-oreille» et non sur une certification formelle.

Toutefois, cette expansion soulève des questions, notamment en matière d’hygiène et de qualité des prestations. Les critiques peuvent vite ternir la réputation des praticiennes. Face à cette situation, des acteurs de poids du secteur, comme Angélique Gascoin, PDG de L’Onglerie, appellent à une réglementation plus stricte, avec «un vrai métier» et «une vraie réglementation». 

Pour structurer davantage la profession, L’Onglerie a franchi une étape importante avec l’ouverture du tout premier CFA en France dédié exclusivement aux métiers de l’ongle, à Canéjan, près de Bordeaux. Cette école propose un cursus de six mois en alternance, délivrant un titre certifié RNCP de «Responsable de centre de mise en beauté des mains, des pieds et des ongles», équivalent à un niveau baccalauréat. Il répond ainsi à la demande croissante de profils qualifiés dans le secteur.

LIRE AUSSI : L’Onglerie inaugure le premier CFA dédié à la prothésie ongulaire

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