Après deux mois de vacance gouvernementale, les organisations patronales, comme l’U2P, la CPME ou le Medef, craignaient que les résultats des élections qui suivirent la dissolution de l’Assemblée nationale ne remettent en question la politique de l’offre en faveur des entreprises, qui a marqué les sept dernières années. La nomination de l’ancien commissaire européen Michel Barnier au poste de Premier ministre les a rassurées.
Interrogée par Profession bien-être, la Cnaib se réjouit, à l’instar des autres organisations, «de la formation d’un gouvernement qui continuera d’avoir à cœur le soutien des entreprises», tout en souhaitant qu’«une attention plus particulière soit portée aux artisans et aux TPE».
«Les normes ne doivent plus être pensées qu’en fonction des grandes entreprises, et l’étude de l’impact sur les TPE/PME devrait être rendu systématique», souligne la confédération, faisant référence aux tests avant l’entrée en vigueur de nouvelles normes pour les PME, lancés par l’ex-Première ministre Elisabeth Borne, fin 2023.
Comme tous les acteurs de l’artisanat, la Cnaib exprime aussi des craintes face aux conséquences des coupes budgétaires envisagées par l’État, en particulier sur l’insertion professionnelle et l’emploi. «Je suis inquiète des velléités répétées de l’Etat de se désengager des contrats d’apprentissage comme ça a été le cas pour les contrats de professionnalisation», nous a déclaré Martine Berenguel, sa présidente.
Faire avancer la réforme du cadre réglementaire
Fin avril, la gouvernement dirigé par Gabriel Attal a supprimé par décret son soutien financier à l’embauche versée aux employeurs pour les contrats de professionnalisation. Ainsi, jusqu’à la fin de l’année, l’aide unique de 6 000 euros versée aux entreprises est réservée au recrutement d’apprentis en formation initiale, excluant les contrats d’alternance.
Enfin, la confédération attend du nouveau Premier ministre qu’il fasse avancer la réforme du cadre réglementaire actuel des métiers de l’esthétique, qu’elle appelle de ses voeux depuis plusieurs mois. Des discussions avaient d’ailleurs débuté avec l’ancien gouvernement au printemps dernier.
«La Cnaib-Spa sera attentive à ce que les chantiers en faveur de la simplification et la libération de l’activité économique, notamment en ce qui concerne la refonte de l’encadrement de notre profession, qui avaient été initiés par le précédent gouvernement soient remis à l’ordre du jour par Michel Barnier», souligne sa présidente. Le projet de loi sur la simplification de la vie économique devait faire l’objet d’un vote le 11 juin dernier, mais la dissolution a stoppé son examen.
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