Dans un communiqué, la Société française de dermatologie et la Société française de dermatologie pédiatrique mettent directement en cause les «instituts de beauté pour enfants». Ils rappellent qu’aucune réglementation spécifique ne définit les cosmétiques adaptés aux plus jeunes et soulignent les risques potentiels de certains produits, notamment en matière d’allergies, d’irritations et de perturbateurs endocriniens.
Citant pêle-mêle les produits de lissage capillaire à base d’acide glyoxylique, employés dans les salons de coiffure (!) et qui ont fait récemment l’objet d’une double mise en garde de l’Anses, et le risque de brûlure thermique causé par «les colles cyanoacrylates utilisées pour la pose d’ongles artificiels», les dermatologues estiment que «les actes esthétiques pratiqués dans des instituts de beauté» exposent les enfants à des dangers.
«Les effets éventuels des différentes substances cumulées restent à apprécier», soulignent les dermatologues. À leurs yeux, les cosmétiques bio ne garantissent pas une meilleure sécurité sanitaire, car leurs labels proviennent uniquement de certifications privées ou associatives. Les huiles essentielles, quant à elles, sont déconseillées aux enfants et aux femmes enceintes en raison de risques neurotoxiques.
LIRE AUSSI : Pr Laurent Misery : « Un cosmétique ne doit jamais agir que sur la peau »
« Respecter la fonction barrière de la peau »
«En dehors de maladies dermatologiques, la peau de l’enfant est une peau qui n’est ni trop sèche, ni trop grasse, ni rouge, ni ridée, et qui ne nécessite rien d’autre pour son entretien courant qu’une toilette à l’eau avec un produit nettoyant doux, en rinçant et en séchant bien, afin de respecter la fonction barrière de la peau», poursuivent-ils, ajoutant qu’il n’y a aucune «routine beauté» à conseiller chez l’enfant.
Enfin, les spécialistes s’interrogent aussi sur les effets psychologiques de «telles pratiques», notamment le développement de l’image de soi. «L’érotisation de l’image de l’enfant est ainsi banalisée de façon préoccupante», s’inquiètent les médecins.
Plébiscités par certains parents, les instituts de beauté pour enfants suscitent la controverse, notamment après un article du Parisien. «Les ‘Sephora kids’, ces préados obsédés par leur peau, ont encore rajeuni : ils ont 5 ans», s’étonnait la journaliste, pointant des salons esthétiques spécialisés qui «fleurissent partout en France».
LIRE AUSSI : Quand les instituts de beauté pour enfants font débat




