Les deux organisations professionnelles invitent les esthéticiennes à redoubler de prudence avant de suivre une formation à l’épilation laser. Une mise en garde qui intervient quelques jours après la publication d’un décret autorisant ces professionnelles à réaliser ce type de prestation.
Une évolution favorable de la législation attendue avec impatience par toute la filière. Anticipant la parution du texte, la MAM Academy (groupe Lazeo) a même pris les devants en proposant, depuis plusieurs semaines, une formation ouverte aux esthéticiennes et aux infirmières.
Autre initiative : Conseil-SRD, une société spécialisée dans la sécurité-sûreté, s’est rapprochée d’Alma Laser, pour lancer des programmes sur les lasers esthétiques, également destinés aux non-médecins. «Pour pouvoir se lancer, il est obligatoire d’avoir suivi une formation validée par un service certifié et en respectant les bonnes procédures approuvées par le fabricant officiel», assure l’entreprise dans un communiqué.
Problème : le contenu de la formation que les esthéticiennes devront obligatoirement suivre n’a pas encore été précisé… «Le décret dit bien que, pour pratiquer l’épilation laser, il faudra une certification, dont on ne connaît pas aujourd’hui la teneur, c’est-à-dire le contenu de la formation, sa durée et les organismes habilités», insiste Dominique Munier, président de l’Union des professionnels de la beauté et du bien-être (UPB).
Pas de prise en charge par les Opco
Si la Cnaib-Spa et l’UPB applaudissent la parution du décret, entré en vigueur lundi dernier, elles encouragent toutefois les esthéticiennes à garder la tête froide. «Le programme de ces formations sera communiqué en priorité aux organismes officiels des branches, avant d’être approuvé par les pouvoirs publics. Et pour le moment, nous n’avons encore rien reçu», indique Martine Berenguel, présidente de la Cnaib-Spa.
Bref, à l’heure actuelle, «personne ne peut prédire quel sera le contenu requis de ces formations…», ajoute Martine Berenguel. Autrement dit, pour obtenir la bonne certification, il faudra alors tout recommencer ! Ce qui peut représenter un coût non négligeable, puisque «le montant des formations actuelles ne peut pas être pris en charge par les Opco», avertit Dominique Munier.
«Pour l’instant, la formation laser des esthéticiennes a été exclue des opérateurs de compétences. Cela veut dire qu’au travers de la branche, avec les syndicats, nous devons la faire évoluer pour qu’elle puisse être prise en charge», poursuit le président de l’UPB.
Protéger le consommateur
Pour les plus pressées, il y aura toujours les formations dispensées par les marques. «Obligatoires dès la vente d’une machine, elles ne portent pourtant que sur le fonctionnement et la prise en main de l’appareil, donc limitées aux yeux du législateur. Elles ne dispenseront pas l’esthéticienne d’une formation complète», estime Martine Berenguel.
«Le but de la certification sera, d’une part, de protéger le consommateur, en donnant à l’esthéticienne toutes les informations nécessaires pour identifier le bon phototype et s’assurer qu’il n’y a pas de contre-indications, et, d’autre part, de garantir une bonne prise en main de la machine pour éviter les accidents», anticipe de son côté Dominique Munier.
Un enseignement pointu mais qui ne devrait pas excéder quelques jours, selon le président de l’UPB. Restera la question du délai pour obtenir la certification… « Dans une version antérieure du décret qui nous avait été soumise, un délai de 24 mois pour se mettre en règle avec la formation avait été prévu. Il n’en est rien dans le décret publié», constate Martine Berenguel. Les futurs arrêtés, encore une fois, devront lever le voile.
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