L’esthétique médicale se démocratise et les tabous autour des interventions s’effacent un peu partout dans le monde. En 2024, cette industrie affiche un chiffre d’affaires record – 21,7 milliards d’euros – avec, pour cette seule année, une hausse de 8%, selon un bilan présenté le 30 janvier par l’Imcas, en partenariat avec le Boston Consulting Group (BCG).
Malgré un léger coup de frein sur des marchés clés comme les États-Unis et la Chine, la croissance reste solide : +7% par an jusqu’en 2029, avec un cap fixé à 30,2 milliards d’euros. Selon une étude du BCG menée auprès de 5 000 participants dans dix grands marchés, 85% des patients comptent maintenir ou augmenter leur budget en médecine esthétique cette année.
Les grandes tendances de l’esthétique médicale
Toujours en tête, les injections de toxines botuliques et d’acide hyaluronique dominent le secteur, représentant 46% du marché en 2024, soit un chiffre d’affaires estimé à 10 milliards d’euros. Cette année, la croissance de ce segment devrait dépasser 7 % par an, portée par une demande toujours plus forte, notamment chez les millennials, qui s’approprient ces traitements plus tôt et sans complexes.
Autre progression notable : les équipements à base d’énergie. Lasers, radiofréquences, ultrasons et dispositifs de remodelage corporel : ces technologies, qui permettent d’obtenir des résultats visibles sans chirurgie, pèsent un tiers du marché, avec une croissance attendue de 5% par an jusqu’en 2029.
Les cosmétiques actifs professionnels, de leur côté, s’imposent comme un segment important, affichant une croissance de 9 %, dynamisée par des géants du secteur comme L’Oréal. Dans cette même dynamique, de nouvelles alternatives aux interventions traditionnelles gagnent du terrain.
La microdermabrasion et l’hydrodermabrasion (Hydrafacial), plébiscitées en cabinet médical, séduisent un public en quête de solutions moins invasives, plus accessibles et offrant des résultats immédiats, souligne l’Imcas. À l’inverse, des interventions plus lourdes, comme les implants mammaires, marquent le pas. Longtemps incontournables, elles affichent une croissance plus timide (+4% en 2024), signe d’un basculement vers des traitements moins invasifs.
Enfin, l’Imcas entrevoit une révolution silencieuse, mais déjà en marche : les traitements GLP-1, utilisés pour la perte de poids, offriraient «des perspectives économiques très prometteuses». Très populaires aux États-Unis, où 70% des professionnels de santé les proposent, ces médicaments provoquent une explosion de la demande en soins post-perte de poids : raffermissement cutané, resurfaçage cutané, injections du visage ou remodelage corporel.
Les nouveaux visages de la médecine esthétique
Qui sont les patients d’aujourd’hui ? L’Imcas a dressé six profils types, révélant une diversité croissante de consommateurs. D’un public jeune et curieux aux adeptes d’une routine bien rodée, la médecine esthétique séduit désormais bien au-delà de son cœur de cible historique.
Les catalyseurs de croissance
Étudiants de la génération Z, femmes au foyer, retraités… C’est une génération prête à sauter le pas. Ce groupe, qui vit souvent en zone rurale ou périurbaine, n’a jamais tenté d’acte esthétique, mais l’intérêt est bien là. Chaque année, 15% d’entre eux passent le cap, faisant d’eux un puissant levier de croissance.
Les pratiquants occasionnels
Ils représentent un public jeune, à budget limité, souvent des étudiants ou des hommes découvrant l’univers de l’esthétique médicale. Adeptes de l’essai sans engagement, ils viennent tester un soin, par curiosité, sans forcément y revenir, mais certains finissent par adopter une routine.
Les chasseurs de bons plans
Ici, pas de fidélité à un praticien ou à une technique, mais une quête de la meilleure offre. Urbains, souvent en colocation, ces consommateurs scrutent les promotions et sautent le pas à l’approche d’un événement marquant. L’opportunité avant tout !
L’extravertie glamour
Les millennials à hauts revenus, immergés dans les tendances beauté, ne voient pas la médecine esthétique comme un tabou. Jeune, urbaine et connectée, cette génération cherche à suivre les tendances beauté via les réseaux sociaux et multiplie les interventions avant les grandes occasions.
Le « vieillisseur » réticent
Actifs en milieu urbain, génération X et millennials veulent contrôler le vieillissement, mais en douceur. Leur objectif ? Préserver leur apparence sans changer leurs traits, avec des interventions discrètes et progressives.
Le routinier de beauté
Génération X et baby-boomers, souvent installés en zone périurbaine, ils ne courent pas après la dernière tendance. Fidèles à leurs praticiens, ils privilégient des soins réguliers et des traitements adaptés à leur âge. Ils cherchent surtout à bien gérer le processus de vieillissement.
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