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Esthétique médicale : de « fausses chirurgiennes » sévissent sur les réseaux sociaux 


fausses chirurgiennes

Après les injections illégales d’acide hyaluronique et de botox, les «fausses chirurgiennes» prennent le relais sur les réseaux sociaux, proposant des liftings ou des liposuccions clandestinement. Des «esthéticiennes» seraient mises en cause. 

Les avertissements des médecins n’ont pas empêché la dérive. Cette fois, les pratiques esthétiques clandestines ont franchi un pal ier. «Depuis quelques mois, on observe sur les réseaux sociaux que des personnes toujours plus nombreuses, souvent de jeunes femmes, réalisent des interventions de chirurgie esthétique en dehors de tout cadre médical, comme des liposuccions du cou, qu’elles présentent sous le nom de ‘lifting coréen’», s’inquiète le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE) dans un communiqué.

Ces « chirurgiennes » ont aussi recours à des produits injectables interdits en France, comme les «lemon bottles», supposés dissoudre les graisses. «Certains de ces pseudo-praticiens organisent des rendez-vous dans des hôtels ou des Airbnb près des gares, créant de véritables tournées du charlatanisme à travers la France dans des conditions dangereuses», poursuit le syndicat. 

Ces pratiques, bien que clandestines, s’exhibent sans complexe sur les réseaux sociaux. Sur TikTok et Instagram, des vidéos montrent des cous tuméfiés, bandés, opérés sous anesthésie locale. Derrière, des femmes, sans qualification médicale, jouent aux chirurgiennes et pratiquent des interventions illégales, s’auto-proclamant «docteures», rapporte Le Parisien, qui a enquêté sur le sujet. 

«Les doubles mentons disparaissent», vante une publicité, montrant une canule, insérée sous la peau, qui aspire la graisse manuellement ou par machine. La journaliste demande s’il existe des contre-indications. Une liste lui est envoyée en réponse avec un avertissement : «Il faut s’y préparer mentalement». Des effets définitifs ? «Toute la vie, si vous ne prenez pas trop de poids».

Une « esthéticienne » propose une lipoaspiration

Une fausse chirurgienne propose ainsi de prendre rendez-vous sur place pour une liposuccion à prix cassés, dans le 9e arrondissement de Paris. Elle «affiche les photos des clientes passées entre ses mains comme des trophées», détaille notre consoeur. Autres cas :  des fils tenseurs sont placés sous la peau pour un effet lifting et des injections sont réalisées dans les fesses, malgré les risques élevés. Une pratique délaissée par les médecins, mais relancée en dépit du danger, y compris celui d’atteindre le nerf sciatique.

Des « esthéticiennes » seraient aussi impliquées, si l’on en croit les médecins, mais l’article ne nous dit pas si elles sont vraiment diplômées ou non. À Paris, une patiente refuse un devis de 8 000 euros pour corriger son empâtement cervical. Trop cher, pense-t-elle. Elle se tourne alors vers une « esthéticienne », raconte le chirurgien plasticien Alexandre Koutsomanis au Parisien. Résultat : un cou déformé, marqué par des rétractations cicatricielles. 

«À force de tirer sur le piston de la seringue, l’usurpatrice a créé des traumatismes dans les tissus, ce qu’on appelle des rétractations cicatricielles. Il va falloir réopérer, les couper et faire un lifting du cou», explique le médecin. À Marseille, une autre patiente a échappé de justesse à la catastrophe. 

«Une esthéticienne lui a proposé une lipoaspiration du ventre après sa grossesse. Elle s’est allongée, et quand elle a vu que le matériel n’était pas stérile, elle a eu peur et est partie», assure le Dr Nicolas Lari. Selon le SNCPRE, ces pratiques clandestines exposent les patients à des dangers graves : infections, nécroses, allergies sévères et même lésions vasculaires potentiellement mortelles. 

LIRE AUSSI : Dr Martine Baspeyras : « Les injections sont un acte médical »

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