Créé en 2015 par la Cosmetic Valley, un réseau de 6 300 entreprises représentant 226 000 emplois sur tout le territoire français, le concours The Cosmetic Victories est devenu un rendez-vous de référence pour l’innovation dans la filière. Chaque année, deux prix sont décernés à Paris, dans les catégories «recherche académique» et «innovation industrielle».
Pour cette 10e édition, six finalistes issus de 21 pays ont été sélectionnés parmi 94 candidatures. Le 20 mai, un jury international a récompensé deux projets français, illustrant le dynamisme de la recherche nationale dans un secteur en quête de rigueur scientifique.
Vieillissement cutané : l’exposome à la loupe
Côté recherche académique, le prix a été remis au CNRS-IBGC de Bordeaux. L’équipe, dirigée par Muriel Priault, propose une approche originale du vieillissement cutané. Spécialiste de la dégradation spontanée des protéines, le laboratoire entend identifier des biomarqueurs permettant d’évaluer les effets de l’exposome (pollution, UV, stress, alimentation…) sur la peau.
L’objectif est de démontrer que l’instabilité naturelle de certaines protéines, due à des réactions chimiques internes, peut traduire le degré de vieillissement cutané et servir de base au développement de solutions cosmétiques adaptées.
Loretta : la peau numérique à l’échelle nano
Côté industriel, le prix revient à Loretta, start-up française basée à Chartres. Son projet vise à créer un jumeau numérique de la peau à partir de sa texture nanométrique. Pour y parvenir, l’entreprise combine microscopie AFM haute vitesse et intelligence artificielle, dans une approche collaborative impliquant universités et dermatologues.
Ce «Digital Skin Twin» (modélisation virtuelle de la peau humaine) permettra de corréler texture et composition chimique, afin de mieux comprendre le fonctionnement cutané. Une voie prometteuse pour la formulation personnalisée, les diagnostics dermatologiques et les tests d’efficacité in silico.
Une filière tirée par le modèle public-privé
L’édition 2025 illustre l’émergence d’un modèle hybride : croiser savoirs académiques, outils technologiques avancés et applications industrielles concrètes. Le jury, composé de représentants de grandes entreprises (LVMH, L’Oréal, Chanel…) et d’institutions scientifiques (CNRS, universités internationales), souligne l’intérêt grandissant pour ces passerelles.
«Dans un contexte mondial particulièrement concurrentiel, il est plus que jamais essentiel de continuer à miser sur la recherche et l’audace scientifique pour rester à la pointe», a commenté Marc-Antoine Jamet, président du jury et du pôle de compétitivité, cité dans un communiqué.
Chacun des deux lauréats, salué pour la qualité scientifique de son projet et son potentiel d’application industrielle, bénéficie d’une dotation de 10 000 euros et d’un accompagnement sur mesure par Cosmetic Valley pour faire avancer son innovation.
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