L’ombre du château de Marly plane sur le Triangle d’Or. La maison de haute parfumerie a inauguré en septembre une seconde boutique parisienne rue François Ier, inspirée par la résidence disparue de Louis XIV. Le concept architectural a été confié à Hubert de Malherbe.
«Cette nouvelle adresse revisite l’esprit du château de Marly, ce palais privé affranchi des conventions, où le Roi recevait les personnalités les plus libres et singulières», souligne un communiqué de la marque. Construit en 1679 par l’architecte Jules Hardouin-Mansart, le château fut l’un des symboles du règne de Louis XIV.
L’architecte en a profité pour jouer de la dualité entre codes historiques et vision contemporaine. Parquet en chêne, moulures d’époque revisitées par l’entreprise Auberlet et Laurent, tapis «nuages» conçu sur mesure par le studio Edition 1.6.9, l’ensemble compose une mise en scène raffinée. Derrière chaque détail, l’or et le blanc, omniprésents, rappellent l’identité visuelle de la maison.
Au centre, une console monumentale capte le regard. Elle revisite la table à huit pieds qui accueillait les visiteurs du pavillon central du château de Marly. Réalisée en marbre noir parcouru de veines dorées et blanches, issu de carrières italiennes et poli selon des techniques artisanales, elle met en valeur les 28 flacons de la collection Parfums de Marly.
Une expansion internationale en toile de fond
L’expérience se veut aussi sensorielle. Un olfactorium invite à découvrir les matières premières emblématiques de la maison, de la rose damascena à la vanille Bourbon en passant par la bergamote, mais aussi certaines molécules exclusives. Dans le petit salon, la marque propose une immersion en réalité virtuelle au XVIIIᵉ siècle, à la découverte du château disparu.
Les céramiques en forme de chevaux, clin d’œil aux sculptures qui ornaient l’entrée du parc de Marly, prolongent ce dialogue entre patrimoine et identité. La visite est commentée par le présentateur Stéphane Bern et le ténor britannique Neal Cooper, accompagnés d’historiens et d’artistes en 3D.
«L’exception se cache, et se dévoile, dans les détails les plus infimes. C’est valable pour une composition olfactive comme pour le design d’une boutique. Partout où l’œil se pose, où le parfum se diffuse, il est ici une question de singularité, de savoir-faire, de beau et moments rares», explique Julien Sprecher, fondateur et directeur artistique de Parfums de Marly.
Cette ouverture s’inscrit dans une expansion maîtrisée. La maison, propriété du groupe Sprecher Berrier, dispose désormais de huit boutiques à travers le monde, dont deux à Londres, deux à New York, une à Beverly Hills et une à Dubaï. La croissance reste soutenue : en 2024, les ventes retail ont progressé de 39%, atteignant 586 millions de dollars.
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