Et si les mots remplaçaient le nez ? Début juin, lors du lancement de Florentine Diamond, la nouvelle fragrance de la marque britannique Thameen, un dispositif discret, installé au sein du grand magasin Selfridges, à Londres, a retenu l’attention des professionnels du secteur.
Développé par Scentmatic, une start-up japonaise fondée en 2019 à Tokyo, ce système, baptisé Kaorium, repose sur une technologie d’intelligence artificielle capable de traduire les odeurs en langage clair, pour aider les consommateurs à choisir un parfum sans se fier uniquement à leur instinct.
L’interface, nourrie par un modèle linguistique, collecte les impressions olfactives d’un individu et les restitue sous forme de mots associés à des familles de parfums. Ce processus permet au consommateur d’identifier plus clairement ses préférences sensorielles et de mieux se repérer dans une offre devenue foisonnante et parfois déroutante.
Quand les odeurs deviennent données clients
Mais derrière l’expérientiel, l’enjeu est aussi commercial. En remplaçant le testeur par une interface, la start-up japonaise redessine les contours du conseil olfactif. Résultat : Scentmatic, qui a ouvert une filiale au Royaume-Uni l’an dernier, revendique des résultats significatifs en point de vente.
«Dans les parfumeries japonaises, le taux d’achat a été multiplié par trois environ, et l’utilisation dans les grands magasins a entraîné une augmentation des ventes de 120%», assure le PDG de l’entreprise, Toshiharu Kurisu, dans un entretien promotionnel.
Son déploiement international lui permet de capter une diversité de profils olfactifs, alimentant une base de données sans cesse en expansion. De quoi transformer la data sensorielle en véritable moteur de vente…
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