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Packaging beauté : pourquoi la transition patine encore ?

recharges cosmétiques

Entre promesses technologiques et stratégies RSE, l’écosystème de la beauté multiplie les efforts pour verdir ses emballages. Mais dans les faits, la montée des bio-matériaux, la percée encore lente des recharges et l’économie circulaire se heurtent à une mise en œuvre difficile.

«Les matériaux biosourcés devraient enregistrer le taux de croissance annuel moyen (CAGR) le plus élevé d’ici 2035, cette technologie offrant des propriétés de biodégradabilité et de compostabilité qui la rendent de plus en plus attractive pour les applications d’emballages durables», relève Meticulous Research, un cabinet d’études indien basé en Californie.

La dynamique est portée par plusieurs facteurs : durcissement des réglementations environnementales, hausse des coûts liés aux déchets, pression croissante des consommateurs sur les marques… Sur le papier, ces nouveaux matériaux cochent toutes les cases. Mais sur le terrain, la marche reste haute. 

La compatibilité avec les chaînes de production existantes, la stabilité des formulations cosmétiques, ou encore la fin de vie des emballages – qui suppose un compostage industriel souvent indisponible – freinent leur déploiement.

«Le marché des emballages recyclables est confronté à plusieurs défis, notamment le coût initial élevé des équipements de recyclage avancés, l’insuffisance des infrastructures de recyclage et des systèmes de collecte, ainsi que les difficultés techniques liées au recyclage des emballages composites», poursuit le rapport. .

Recharges cosmétiques : un engouement contrarié

Le modèle rechargeable illustre bien cette tension. Portées par un intérêt fort des consommatrices, les recharges gagnent du terrain. Selon une étude de la Febea, 59% des utilisatrices de cosmétiques en France ont acheté une recharge en 2024, rapportait récemment Profession bien-être.

L’argument principal reste environnemental : 70% des acheteuses invoquent cet aspect comme moteur de leur décision. Pourtant, 44% d’entre elles pointent un obstacle de taille : l’indisponibilité des recharges en magasin. À cela s’ajoutent des freins secondaires : manque d’information, craintes liées à l’hygiène, voire méconnaissance de l’existence même des recharges.

Face à ces freins, les marques s’organisent. L’Oréal a multiplié par 17 ses références rechargeables en cinq ans et lancé une campagne mondiale baptisée #JoinTheRefillMovement, mobilisant plusieurs de ses marques phares. Mais là encore, le succès dépend autant de l’offre que de sa mise en visibilité.

Une logique circulaire qui peine à s’incarner

La transition ne se joue pas uniquement sur le plan produit. Elle implique une transformation plus large de la chaîne de valeur. Selon Meticulous Research, plusieurs leviers à fort potentiel se dessinent : l’usage de la blockchain pour mieux suivre les emballages tout au long de la chaîne logistique, le développement de nouveaux modèles comme l’emballage à la demande ou réutilisable, l’essor de la responsabilité élargie du producteur (REP) ou le renforcement des partenariats entre marques et fabricants pour accélérer l’innovation.

Mais pour passer à l’échelle supérieure, ces dispositifs doivent être portés par des alliances solides. Et soutenus par la distribution. Car derrière les promesses écologiques se joue aussi une bataille économique majeure : selon Meticulous Research, le marché mondial des emballages recyclables pourrait passer de 116,8 milliards de dollars en 2024 à plus de 280 milliards d’ici 2035.

LIRE AUSSI : Recharges cosmétiques : l’adhésion est là, la visibilité manque

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