Un marché stratégique, même sous tension. Les États-Unis représentent aujourd’hui 10% du chiffre d’affaires mondial de Clarins, mais le groupe ambitionne clairement de renforcer ce poids dans les années à venir. Il y a quatre ans, l’entreprise française a décidé de renforcer sa présence aux États-Unis, «puisque c’est le premier marché au monde de ventes de produits cosmétiques», explique Prisca Courtin, présidente du comité de surveillance de Clarins, dans un entretien au Monde.
Son développement aux États-Unis reste plus que jamais d’actualité, et ce, en dépit d’un contexte politique instable qui ne semble pas freiner les ambitions du groupe. «Les Etats-Unis pèsent 10% de ses ventes mondiales et l’expansion outre-Atlantique doit contribuer à rééquilibrer l’activité de l’entreprise, dont un quart du chiffre d’affaires provient de la Chine (+8% en 2024)», poursuit le quotidien du soir.
Pour séduire le marché américain, Clarins a misé sur le haut de gamme, avec le lancement de Precious, vendue à 395 euros le pot de 50 ml, ciblant une clientèle premium en quête d’efficacité et de naturalité. Le groupe français cherche à s’imposer auprès des consommatrices américaines, traditionnellement plus orientées vers le maquillage, en valorisant le soin de la peau comme un geste essentiel du quotidien.
Pour gagner en visibilité et capter de nouveaux clients, Clarins a renforcé sa présence chez Sephora, la filiale de LVMH leader de la distribution beauté aux États-Unis, ainsi que sur Amazon, géant de l’e-commerce dont les ventes explosent dans le secteur. Cette stratégie de distribution élargie a porté ses fruits : l’activité de Clarins a enregistré une croissance de 15% en 2024 outre-Atlantique, indique Le Monde.
Pas d’usine aux États-Unis : le choix du made in France
Clarins ne se contente pas de capitaliser sur sa propre marque : via Famille C participations, la holding familiale créée en 2021, le groupe a acquis en 2022 Ilia Beauty, marque américaine née à Los Angeles et positionnée sur la clean beauty. Baumes à lèvres, mascaras, soins teintés… Ilia séduit un public soucieux de naturalité et de transparence. Résultat : son chiffre d’affaires a atteint 150 millions d’euros en 2024, avec une marge de 25%.
La même logique offensive prévaut dans le développement d’Ilia Beauty, souligne Prisca Courtin. Mais si la conquête américaine s’accélère, la production reste ancrée en France. Clarins fabrique tous ses produits sur deux sites : Pontoise et Sainte-Savine, dans l’Aube. Interrogée sur une possible implantation industrielle aux États-Unis, la dirigeante de Famille C participations est catégorique : «Il n’en a jamais été question».
Malgré la mise en place de droits de douane à l’entrée des États-Unis, qui pourraient renchérir l’importation d’ingrédients et d’emballages, le groupe reste confiant. Les États-Unis demeurent une priorité, et Ilia Beauty pourrait atteindre 300 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030, selon Le Monde.
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