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Entre beauté hybride et sensorielle, ce que promet MakeUp in Paris

Make Up in Paris

Le salon MakeUp in Paris célèbre sa 15e édition les 18 et 19 juin au Carrousel du Louvre. Au programme : montée de la skinification, percée des marchés émergents comme l’Afrique, innovations sensorielles et durables, formules hybrides et focus sur la formulation.

Le maquillage ne suffit plus. En quinze ans, MakeUp in Paris a vu l’industrie cosmétique se transformer en profondeur. Désormais, soin, bien-être et technologie avancent main dans la main. «Notre regard se tourne vers les nouveaux horizons de la beauté : haircare, nutricosmétique et bien d’autres segments prometteurs», souligne Sandra Maguarian, cofondatrice et directrice de MakeUp in Paris, dans un communiqué.

L’événement attend 4 600 visiteurs, dont 2 000 participeront aux conférences. Pas moins de 65 nationalités seront représentées sous les verrières du Carrousel du Louvre. Un rendez-vous désormais global, où se croisent start-up ambitieuses et grands groupes de cosmétiques. 

Les marques indépendantes occupent une place croissante, représentant 42% du visitorat, avec une forte proportion de fondateurs et de CEO. Mais les géants restent bien présents : 51% des visiteurs sont issus des marques historiques, majoritairement des responsables marketing, R&D ou packaging, selon le communiqué.

Formules hybrides et émotions

Le maquillage n’échappe plus à la logique du soin. La skinification s’impose comme la tendance forte du salon : 52% des visiteurs cherchent des produits hybrides, alliant performance cosmétique et bénéfices dermatologiques. Résultat : la formulation concentre l’attention, citée comme priorité par 63 % des professionnels présents. Le full service, qui combine développement, packaging et production clés en main, séduit aussi près de la moitié des visiteurs, poursuivent les organisateurs.

Ce basculement vers l’innovation technique se confirme dans le palmarès des Innovation & Trends Awards. Sur les 116 produits présentés par 65 exposants, plus de la moitié concernent la formulation, avec un intérêt marqué pour le teint et les textures hybrides. Nouveauté cette année : l’Ocean Beauty Award, qui récompense les initiatives s’appuyant sur les ressources marines. Une manière de concilier efficacité, naturalité et responsabilité.

Des formules plus hybrides, des attentes plus émotionnelles, une géographie qui s’élargit : quatre axes émergent avec force cette année. D’abord, l’Afrique. «L’industrie africaine de la beauté connaît une croissance significative, portée par l’urbanisation, la hausse des revenus disponibles et une population jeune et soucieuse de la mode», notent les organisateurs, qui ont prévu un espace dédié, le «corner beauté africaine».  

Derrière cette dynamique, un enjeu double : affirmer une identité cosmétique propre et conquérir les marchés mondiaux. Ce sera le thème de la conférence animée par Omolola Faleye, une entrepreneuse experte du marché. En ligne de mire : les synergies entre ingrédients locaux – beurre de karité, moringa, huile d’argan – et science cosmétique.

Skinification des soins capilaires

Autre tendance incontournable : l’intelligence artificielle. Elle s’impose aujourd’hui comme un outil transversal, de la formulation à la distribution. La conférence «How AI is empowering the beauty industry» mettra en lumière des cas concrets : analyse prédictive des tendances, conformité réglementaire, diagnostic personnalisé, réalité augmentée… 

Après l’efficacité, l’émotion, grande thématique émergente depuis le Covid. Le produit cosmétique ne se contente plus de «fonctionner» : il doit procurer une sensation, un moment, une mémoire sensorielle. Textures évolutives, bruits, parfums, matières… La tendance baptisée « Intelligence sensorielle » par l’agence We Out Wow redéfinit l’acte de soin comme un rituel multisensoriel.

Enfin, longtemps à la marge, le haircare prend une nouvelle dimension. Inspirés des routines de soin du visage, les produits capillaires adoptent désormais probiotiques, acide hyaluronique ou actifs anti-âge. Objectif : traiter le cuir chevelu comme une extension de la peau, en misant sur une approche globale, entre santé, beauté et bien-être.

«Les soins capillaires évoluent vers des traitements avancés inspirés des soins de la peau, mettant l’accent sur la santé du cuir chevelu avec des ingrédients comme les probiotiques et l’acide hyaluronique», fera valoir une conférence sur ce marché en pleine croissance. 

PopUp in Lab et workshops 

Ici, on formule en direct. Le PopUp in Lab, orchestré par Luisa Oliva, transforme les visiteurs en apprentis formulateurs. Textures actives, ingrédients naturels, gestes de création : l’expérience est autant pédagogique que sensorielle.

Inspirés par les lumières de Paris, les ateliers de démonstration – Dewglow, Solmelt, Sunlume, Sunveil – déclinent une cosmétique hybride, lumineuse, entre soin et maquillage. Brumes soyeuses, baumes enrichis, gels capillaires dorés : chaque formule raconte une ambiance. Autour, les workshops démultiplient les angles : K-Beauty, cosmétique pour animaux, influence de TikTok, routines post-50 ans, ou encore focus sur la génération X. 

Le packaging secondaire en vedette

Longtemps discret, le packaging secondaire entre en scène. MakeUp in Paris lui consacre un espace à part entière, où Knoll Prestige, Drimpak ou Grafiche Sabbioni, entre autres, dévoilent leurs dernières créations. Des finitions haut de gamme aux matériaux biosourcés, les marques misent sur l’innovation packaging pour enrichir l’expérience client et répondre aux exigences environnementales.

Parmi les nouveautés mises en avant : la boîte Boombox d’Homer, entre design et musique, le compact moulé en pulpe mono-matériau de Knoll Ecoform, ou encore les packagings métallisés et ultra-techniques développés par Drimpak pour la ligne Rabanne.

Les jeunes pousses au Beauty Tank

Inspiré du format Shark Tank, un concept d’émission télévisée, aux Etats-Unis, dans lequel des entrepreneurs viennent présenter leur projet ou leur start-up devant un jury d’investisseurs, le concours «Beauty Tank» donnera la parole aux marques émergentes. Pitchs en direct, retours d’experts, visibilité ciblée : l’exercice permet aux jeunes entrepreneurs de confronter leurs projets au regard du marché.

Enfin, comme chaque année, Beautystream évoquera la beauté de demain, c’est-à-dire en 2040. «Le consommateur sera hybride, conscient, en quête de sens. Plus qu’un produit, la beauté sera un langage d’engagement», prédit l’agence mondiale de tendances. Un virage stratégique pour les marques, qui devront conjuguer innovation, éthique et culture.

LIRE AUSSI : Cosmétiques et bien-être : un voyage aux limites de la peau

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