La biotech Carbios a franchi un cap stratégique fin mai, en annonçant la signature de ses premiers contrats de vente pluriannuels de PET biorecyclé avec deux poids lourds du secteur cosmétique : L’Oréal et L’Occitane en Provence. Ces accords, officialisés le 27 mai, concernent son futur site industriel de Longlaville (Meurthe-et-Moselle). Aucun détail n’a été communiqué sur les volumes ni les montants.
Ces partenariats s’inscrivent dans les objectifs de circularité fixés par les deux groupes, soucieux de verdir leur chaîne d’approvisionnement. L’Oréal et L’Occitane ne se contentent pas d’être les premiers clients industriels de Carbios : les deux sociétés sont également actionnaires de la biotech, comme le rappelle Investir.
Une présence qui leur permet aussi de sécuriser à moyen terme l’approvisionnement en plastique recyclé de qualité, dans un contexte où la pression réglementaire s’intensifie sur les emballages plastiques.
Vers une industrialisation à grande échelle
Ces premiers contrats marquent une entrée remarquée de Carbios dans l’univers de la beauté, un secteur à forte consommation de PET, où l’innovation sur les matériaux d’emballage est scrutée de près. Le choix n’est pas anodin : le secteur cosmétique est l’un des plus gros consommateurs mondiaux de PET, un plastique omniprésent dans les emballages. À lui seul, L’Oréal en utilise plusieurs centaines de milliers de tonnes chaque année, selon Investir.
Mais cette percée ne constitue qu’une première étape pour la biotech, fondée en 2011 à Clermont-Ferrand, par le fonds Truffle Capital. La technologie enzymatique développée par Carbios s’applique aussi aux textiles polyester, ouvrant des perspectives bien au-delà de la cosmétique. L’enjeu, désormais, est de passer de l’effet vitrine à une industrialisation à grande échelle, capable de répondre à la demande croissante de matériaux recyclés performants.
«Nous sommes aujourd’hui dans une dynamique forte de concrétisation de nos objectifs de vente et d’approvisionnement qui nous rend confiants dans la signature prochaine d’autres contrats pour notre futur site de Longlaville», a commenté dans un communiqué Vincent Kamel, son directeur général. D’après Investir, la production des premiers volumes est prévue pour 2027.
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