Les deux multinationales s’allient pour la bagatelle de 4 milliards d’euros. De quoi redessiner la carte du luxe français. En clair, Kering cède sa division beauté à L’Oréal et scelle un partenariat stratégique inédit avec le numéro un mondial des cosmétiques. Sa finalisation est prévue au premier semestre 2026.
Cette annonce intervient à peine un mois après la prise de fonctions de Luca de Meo à la tête de Kering, avec pour mission de redresser un groupe fragilisé ces dernières années par les contreperformances de Gucci, sa marque emblématique.
«En nous associant au leader mondial de la beauté, nous accélérerons considérablement le développement des fragrances et des cosmétiques pour nos plus grandes Maisons (…). Ce partenariat nous permet de nous concentrer sur ce qui nous définit le mieux : notre puissance créative et l’attractivité de nos Maisons», explique le nouveau patron de Kering dans un communiqué.
Un retour aux sources après YSL Beauté
L’opération marque le retour d’une collaboration structurelle entre les deux groupes français, après le précédent d’Yves Saint Laurent Beauté, dont L’Oréal détient la licence depuis 2008. Le communiqué évoque une «longue histoire de collaboration entre deux leaders mondiaux aux atouts complémentaires», l’un apportant ses marques emblématiques du luxe, l’autre son expertise industrielle dans la beauté.
Le modèle YSL Beauté, devenu une référence mondiale, sert désormais de point d’appui à cette alliance élargie. L’Oréal développera les gammes parfum et beauté de Gucci, Balenciaga et Bottega Veneta, sous licences de cinquante ans. «Gucci, Bottega Veneta et Balenciaga sont toutes des marques de couture exceptionnelles qui présentent un énorme potentiel de croissance», souligne Nicolas Hieronimus, directeur général de L’Oréal, cité dans le même document.
Pour le géant mondial de la beauté, l’intégration de Creed, maison historique de la haute parfumerie, consolide sa position sur le marché en pleine expansion des parfums de niche. L’obtention de licences de très longue durée lui assure aussi une présence durable sur le segment des marques couture.
Un nouvel horizon : bien-être et longévité
Au-delà de la transaction, cet accord constitue un rapprochement emblématique entre deux champions français du luxe et de la beauté, dans un marché dominé par quelques grands acteurs internationaux, dont LVMH et Estée Lauder. Il associe la puissance industrielle et scientifique de L’Oréal à la créativité et au rayonnement des marques de Kering, avec l’ambition de bâtir un nouveau pôle mondial du luxe beauté.
Enfin, dernier pilier de l’accord, la co-entreprise à 50/50 entre L’Oréal et Kering explorera les opportunités à la croisée du luxe, du bien-être et de la longévité. Les deux groupes ambitionnent de développer de nouvelles expériences et services premium, associant innovation scientifique et connaissance des clients du luxe.
«Ensemble, nous explorerons également de nouveaux horizons dans le domaine du bien-être, en combinant l’expertise inégalée de L’Oréal et notre rayonnement unique dans le secteur du luxe», ajoute Luca de Meo. De la haute parfumerie à la science du bien-être, L’Oréal et Kering scellent ainsi bien plus qu’un accord financier : une vision commune, tournée vers une nouvelle ère du luxe global.
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