Adoptée sans concertation et prévue pour une application immédiate, cette réforme aurait pu brutalement impacter des milliers de professionnels, les obligeant à augmenter leurs tarifs de 20% ou à repenser totalement leur modèle économique.
Les faits : le 1er décembre 2024, le Sénat adopte l’amendement A-19, réduisant le seuil de franchise en base de TVA. Le 24 janvier 2025, le gouvernement passe le PLF 2025 en force via un 49.3. Le 6 février 2025, face à une contestation massive et une couverture médiatique intense, le ministère de l’Économie annonce la suspension temporaire de la mesure.
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Une réforme inévitable, mais trop brutale ?
Dans un contexte de recherche de nouvelles recettes fiscales, cette mesure aurait permis d’engranger 400 millions d’euros pour l’État. Mais la forme et le timing ont été les véritables problèmes. Aucune période de transition, obligeant les indépendants à s’adapter du jour au lendemain. Aucune réflexion sur les alternatives pour accompagner ces professionnels. Aucun signe fort pour rendre le salariat plus attractif dans un secteur où la micro-entreprise séduit toujours plus.
Et si cette réforme était l’occasion de repenser l’organisation du métier ? Plutôt que d’opposer indépendants et salariés, il est peut-être temps de moderniser les conditions de travail en salon pour qu’elles deviennent une véritable alternative à l’auto-entrepreneuriat. Ce qu’il faudrait faire ? Voici quelques pistes :
– Revaloriser les salaires, c’est-à-dire permettre à un coiffeur expérimenté de viser 2000 euros nets, au lieu d’être plafonné au Smic.
– Intégrer une flexibilité raisonnable, avec des horaires mieux adaptés aux besoins de la vie moderne, sans nuire à la stabilité des salons.
– Mettre en place une tarification progressive selon l’expérience : un coiffeur junior pourrait proposer des prestations 5 à 10 % moins chères qu’un expert, pour attirer plus de clients et fluidifier l’activité du salon.
– Alléger les charges patronales sur les salaires intermédiaires. Il ne faut pas que les aides restent limitées au Smic, mais qu’elles permettent d’améliorer la rémunération des coiffeurs qualifiés.
Trop de flexibilité pourrait fragiliser les salons, mais un système hybride, combinant progression salariale, gestion intelligente des plannings et reconnaissance de l’expertise, pourrait donner un nouvel élan au secteur. Selon vous, est-ce une opportunité pour réconcilier les indépendants avec le statut de salariat ? Quelles seraient les conditions qui vous feraient préférer le travail en salon ?
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BIO EXPRESS
Cofondateur de Divisco Cosmetics en 2004, Sébastien Viscogliosi a acquis, au fil des réseaux sociaux, une stature d’agitateur de la coiffure professionnelle. Il anime aussi le groupe Entre coiffeurs, qui regroupe plus de 25 000 membres sur Facebook.



